L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Bobby Clarke

Hockey

1975


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Bobby Clarke : L’âme et l’étincelle des Flyers

mardi, le 23 décembre 1975

Par Rick Matsumoto, journaliste sportif du Toronto Star

Lorsque Bobby Clarke, le fougueux capitaine des champions de la Coupe Stanley, les Flyers de Philadelphie, débuta sa carrière dans la LNH, il y a six ans de cela, son seul objectif était d’être reconnu comme un bon joueur de hockey.

Aujourd’hui, il a gagné le trophée Lou-Marsh Memorial remis à l’athlète par excellence au Canada pour l’année 1975.

Ce prix est un hommage de plus à ce jeune homme de 26 ans, originaire de Flin Flon, au Manitoba, qui a atteint la célébrité malgré le fait qu’il était diabétique. Il est toujours sous médication quotidienne afin de garder la maladie sous contrôle.

Lorsque Clarke a joint les Flyers, il était hésitant à parler du fait qu’il était diabétique.

« Je voulais être jugé comme un joueur de hockey, » dit-il, « pas comme un joueur de hockey qui est bon malgré le fait qu’il soit diabétique. »

La force de caractère de Clarke fut démontrée autant par son combat contre la maladie que par sa détermination implacable sur la glace. Elle a imprégné les Flyers et les a inspirés à devenir, en 1974, la première équipe d’expansion à remporter la Coupe Stanley.

Clarke rejoint maintenant Maurice Richard, Bobby Orr et Phil Esposito au rang des joueurs de hockey ayant remporté le trophée Lou-Marsh.

« Je ne fais pas partie de la même catégorie qu’eux, » dit Clarke lorsqu’on lui annonça la nouvelle hier, à Atlanta, alors que les Flyers se préparaient à affronter les Flames en soirée. « Mais je suis ravi et profondément honoré » dit-il.

L’entraîneur de Clarke, Fred Shero, croit que le fait d’avoir joué à Philadelphie est la seule raison pour laquelle Bobby Clarke n’avait pas, jusqu’à présent, obtenu de reconnaissance au Canada.

« Les Canadiens peuvent le voir jouer seulement trois ou quatre fois par année, » dit Shero. « Mais nous, nous savons ce qu’il peut faire. Je suis dans le hockey professionnel depuis 1943 et je n’ai jamais vu aucun joueur qui aidait autant son équipe, que ce soit sur la glace ou en dehors de la patinoire.

Passer à côté de 100 000 $

« Il donne de son temps gratuitement pour des œuvres de charité. Il pourrait faire 100 000 $ durant la saison morte mais il travaille sans aucune ambition de faire de l’argent. »

Le trophée Lou-Marsh Memorial commémore le regretté Lou Marsh, longtemps journaliste sportif du Toronto Star. Il fut remis pour la première fois en 1936 par le défunt Charles C. Ring, un sportif de Mimico.

Le premier lauréat fut Dr Phil Edwards, pour ses performances en athlétisme. Depuis, le trophée a été remis à des athlètes de plusieurs sports dont la patineuse artistique Barbara Ann Scott, la skieuse Nancy Greene Raine, la golfeuse Marlene Stewart Streit, seule athlète à avoir remporté le trophée à deux reprises, les joueurs de hockey Maurice Richard, Bobby Orr et Phil Esposito, les vedettes de football Russ Jackson et Joe Krol, le jockey Sandy Hawley, le conducteur de courses sous harnais Hervé Fillion et le gagnant de l’an dernier, le lanceur Ferguson Jenkins.

Le finaliste avec Clark était Ken Read, de Calgary, qui devint, il y a deux semaines, le premier skieur canadien à remporter une épreuve de la Coupe du monde, à Val d’Isère, en France.

Derrière Clarke et Read, se trouvait un coéquipier de ce dernier dans l’équipe canadienne de ski, Dave Irvin, de Thunder Bay. Irwin, qui est âgé de 21 ans, réitéra l’exploit de Read, samedi dernier, alors qu’il remporta une épreuve de la Coupe du monde de descente, à Schladming, en Autriche.

Les autres athlètes qui ont été pris en considération sont le coureur de fond Jerome Drayton, le botteur Dave Cutler et la nageuse Nancy Garapick.

Trois semaines plus tôt, Drayton enregistrait le cinquième meilleur temps au monde lors d’un marathon en remportant un évènement international à Fukuoka, au Japon.
Meilleure athlète féminine

Garapick, la jeune sensation de 14 ans de Halifax, fut nommée, samedi dernier, l’athlète féminine de l’année par la Presse Canadienne.

Elle est devenue une célébrité nationale en avril dernier alors qu’elle établissait un record mondial à l’épreuve de 100 mètres de dos crawlé lors du Championnat canadien de l’Est qui eut lieu à Brantford. Son temps de 2 minutes et 16,33 secondes retranchait une seconde au précédent record mondial.

Les membres du comité de sélection étaient le président Harry « Red » Foster, l’éditorialiste sportif du Toronto Star, Milt Dunnell, et les journalistes sportifs Jim Proudfoot, du Star, Jim Vipond, du Globe and Mail et George Gross, du Sun. Mel Suffrin de la Presse Canadienne était également membre du comité même s’il n’a pas pris part au vote final.

Clarke, qui fait seulement 5 pieds 10 pouces et 176 livres, est caractérisé par son « jeu physique » avec son fougueux coup de patin et ses solides mises en échec, en plus d’une petite touche de méchanceté qui rend son style doublement efficace.

Il est un athlète remarquablement constant malgré ses problèmes médicaux et le style agressif qu’il adoptait sur la patinoire. Clarke a pris part aux 80 matchs des Flyers la saison dernière, récoltant 27 buts et 89 passes.

Il a remporté le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, pour la deuxième fois (il l’a gagné en 1972-1973), en plus d’être choisi comme joueur de centre sur la première équipe d’étoiles.

Cette saison, il semble également être en lice pour l’obtention du trophée Art Ross remis au meilleur marqueur de la ligue. Avec 15 buts et 35 passes, il n’accuse que deux points de retard sur Guy Lafleur, qui en compte 53, grâce à 21 buts et 32 mentions d’aide.

Il débutera, la saison prochaine, sa septième saison dans la LNH après avoir été sélectionné 17e au repêchage amateur de 1969. Clarke a compté 176 buts en carrière en plus d’amasser 321 passes.

Sous-titre de la photo : Le capitaine des Flyers de Philadelphie a mené son équipe à deux conquêtes consécutives de la Coupe Stanley.