L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Caroline Brunet

Kayakisme

1999


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Brunet au sommet

jeudi, le 16 décembre 1999

La kayakiste gagne le trophée Lou-Marsh

Embourbée dans l’entraînement laborieux qui accompagne les rêves de médailles d’or olympiques, la kayakiste canadienne Caroline Brunet avait besoin qu’on lui remonte le moral.

La sportive de 30 ans originaire de Lac-Beauport, au Québec, a eu l’agréable surprise hier d’être nommée gagnante du trophée Lou-Marsh de l’athlète par excellence de l’année au Canada.

Caroline se joint à des figures illustres telles que Wayne Gretzky, Terry Fox et Nancy Greene. Le trophée Lou-Marsh, nommé en mémoire du légendaire ancien rédacteur en chef des nouvelles sportives du Toronto Star, est décerné par un groupe de rédacteurs et journalistes sportifs faisant partie d’un comité présidé par l’ancien commissaire de la LCF, Jake Gaudaur. Il est attribué annuellement depuis 1936.

« Évidemment, c’est un grand honneur, confie Caroline. Je ne pratique pas ce sport pour être reconnue ou recevoir des honneurs. Je le fais pour me dépasser, mais quand j’en reçois, ça m’apporte une satisfaction supplémentaire. »

« En fait, je suis touchée. D’une certaine manière, avec la grande difficulté de l’entraînement à cette époque de l’année et les Olympiques qui semblent encore si loin, ça me motive énormément. »

Caroline recevait hier avec surprise les premières félicitations pour sa nomination d’une cabine téléphonique près de l’appartement qu’elle loue à Indian Harbor en Floride.

Elle avait déjà passé deux heures à s’entraîner sur l’eau après une séance de musculation. Elle avait prévu une autre séance d’entraînement au kayak, suivie d’un peu de course, pour finir la journée.

« C’est mon travail, » a-t-elle dit.

Et c’est un travail que Caroline fait bien. Son tour de force au Championnat mondial de Milan, en Italie, a conquis le comité du trophée Lou-Marsh.

Elle a raflé les trois médailles d’or des épreuves de kayak simple féminin, sur 200, 500 et 1 000 mètres, pour la deuxième fois en trois ans, et a également gagné l’argent au K2 500 m féminin, avec Karen Furneaux comme partenaire.

Elle a amassé huit titres mondiaux depuis sa médaille d’argent aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996.

« Les championnats mondiaux étaient très importants, car ils précédaient les Olympiques et je voulais bien y performer pour savoir où j’en étais, explique-t-elle. Être déjà championne un an avant les JO donne beaucoup de confiance. Ça signifie que tout va bien et qu’on est sur la bonne voie. »

Caroline a planifié elle-même son propre parcours en kayak jusqu’au sommet et est souvent tombée en désaccord avec sa propre fédération.

Elle affirme devoir une grande part de son succès à son entraîneur, Christian Frederiksen, un champion mondial de canoë-kayak originaire de la Norvège.

« Je ne pagayerais plus à mon âge si je n’avais pas rencontré mon entraîneur, » dit Caroline.

« Je le considère comme étant le meilleur. Je prends peu de crédit pour ce qui m’arrive. Il a toute ma confiance. Il est brillant, astucieux et possède une profonde connaissance de ce sport. »

Le 500 mètres est la seule distance olympique dans les épreuves simples féminines. Caroline fera encore équipe avec Furneaux pour le K-2 500 m de Sydney. Elles ont terminé seulement deux dixièmes de seconde derrière la Pologne dans la course à la médaille d’or lors du Championnat du monde.

« Arriver deuxième est une chose. Arriver deuxième par deux dixièmes de seconde fait réellement réfléchir, » dit Caroline, impatiente de grimper jusqu’à la première place du podium.

« Ce sera très dur, mais nous voulons nous présenter aux Olympiques en sachant que nous nous sommes préparées du mieux possible. »

Furneaux s’entraîne actuellement avec Caroline en Floride. « Pour l’instant, il n’y a que Karen et moi, et les alligators, » dit la championne.

Cette dernière, qui s’est exercée au Québec à Lac-Bouchette jusqu’à ce qu’il fasse trop froid, passera une semaine de plus en Floride. Elle se rendra ensuite au Danemark pour rejoindre Frederiksen, puis elle ira ensuite en Norvège, où elle passera Noël en compagnie de son petit ami, qui vit dans ce pays scandinave.

À la mi-janvier, elle fera de San Diego son lieu d’entraînement pour quelques semaines, et retournera en Floride en février pour effectuer sa préparation finale pour les compétitions européennes commençant en mai en Belgique.

Des commandites viennent s’additionner aux 800 $ par mois qu’elle reçoit du financement fédéral. « Je suis une des plus chanceuses, » confie-t-elle.

Caroline a été choisie parmi six autres finalistes pour le trophée Lou-Marsh :
— Lori Bowden, gagnante du triathlon Ironman d’Hawaii;
— Larry Walker, lauréat du trophée Lou-Marsh l’an passé et meilleur frappeur de la Ligue nationale de baseball;
— Emma Robinson, rameuse qui a récupéré d’un cancer de la thyroïde pour gagner un troisième championnat mondial d’aviron en couple d’affilée avec Theresa Luke;
— Joe Nieuwendyk des Stars de Dallas, qui a remporté le trophée Conn Smythe en menant son équipe à la Coupe Stanley;
— Mike Weir, qui a établi un record de gains pour un Canadien cette année lors d’un championnat de la PGA;
— Sébastien Lareau, joueur de tennis qui est devenu le premier Canadien à remporter un titre du Grand Chelem lorsque lui et l’américain Alex O’Brien ont gagné au U.S. Open.

Le boxeur Lennox Lewis n’était pas considéré comme étant Canadien et, par conséquent, n’était pas admissible au prix. Celui-ci, devenu champion mondial incontesté des poids lourds après sa victoire contre Evander Holyfield, a gagné une médaille d’or olympique pour le Canada en 1998, mais se bat maintenant pour le drapeau britannique.