L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Chantal Petitclerc

Athlète en fauteuil roulant

2008


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RÉCIPIENDAIRE DU TROPHÉE LOU MARSH

mercredi, le 10 décembre 2008

Petitclerc finit l’année en beauté avec une autre victoire

« Mes souvenirs de Pékin resteront avec moi un peu plus longtemps », déclare la coureuse après qu'un vote national lui confère la première place.

CATHY KELLY
RÉDACTRICE SPORTIVE

Trois mois après avoir laissé sa marque sur Pékin comme un éclair, Chantal Petitclerc, la coureuse en fauteuil roulant, plane toujours dans un rêve olympique.

« Depuis mon retour, tout est à l’envers. Ma vie n'est plus la même. Je ne peux plus sortir de chez moi et passer une journée comme les autres, » ajoute Petitclerc. « Je continue à avoir cette constante poussée d’adrénaline. Je sais bien que ça ne durera pas pour toujours, et qu'éventuellement je serai capable de prendre un peu de recul. »

Peut-être. Mais pas pour l’instant.

Hier, Petitclerc a conclu une année marquée par une série d’exploits en remportant le trophée Lou Marsh à titre d'athlète canadienne par excellence de 2008. Le récipiendaire du prix, qui est remis en mémoire de Lou Marsh, ancien rédacteur de nouvelles sportives du journal The Star, est déterminé par les votes de rédacteurs sportifs venant des quatre coins du pays. Petitclerc est la 72e récipiendaire du prix depuis 1936.

Nous parlant de Montréal, Petitclerc, qui fêtera son 39e anniversaire la semaine prochaine, semblait déborder de joie suite à sa victoire.

« Mes souvenirs de Pékin resteront avec moi un peu plus longtemps, » dit-elle en parlant du prix. « C’est une merveilleuse façon de faire connaître les sports paralympiques. . . Cela nous apporte beaucoup de respect. »

Petitclerc a battu plusieurs athlètes plus renommés qu’elle (le joueur de basketball Steve Nash et Justin Morneau, le joueur de baseball), et ses collègues des Jeux olympiques, (le cavalier Eric Lamaze, le triathlonien Simon Whitfield et le patineur artistique Jeffery Buttle) pour remporter le prix.

Elle a réussi en dominant dans sa discipline. À Pékin, Petitclerc a remporté cinq médailles d’or. Elle a établi trois records mondiaux, dont deux lors de courses séparées par une pause de seulement 90 minutes. Ses victoires dans la catégorie T-54 de traumatisme médullaire allaient du sprint 100 m au test d’endurance de 1 500 m. Elle a pris sa retraite après les Jeux, et compte à son palmarès 10 médailles d’or consécutives.

« Ce qui la rend remarquable est sa capacité d’atteindre l’excellence sur une telle période, » ajoute Rick Hansen, le seul autre athlète en fauteuil roulant à gagner le prix Lou Marsh, en 1983.

Hansen a rencontré Petitclerc pour la première fois durant sa tournée « Man in Motion » alors qu'elle n’était qu’une adolescente. Depuis cette première rencontre, il suit sa carrière avec beaucoup d'intérêt et a visiblement connu un petit moment de fierté paternelle lors de sa victoire hier.

« Ils ont bien choisi, » a-t-il déclaré.

Mais ce succès n’a pas changé Petitclerc. Elle a reçu la nouvelle qu’elle avait gagné le prix Lou Marsh par courriel pendant qu’elle se préparait à sortir pour s'offrir un cadeau postolympique.

« J’allais m’acheter une nouvelle voiture. C’était une journée très spéciale, » explique Petitclerc en riant.

Petitclerc a grandi dans le village de St-Marc-des-Carrières au Québec, à environ 75 kilomètres sud de la ville de Québec.

Elle s’est retrouvée paralysée des hanches jusqu’aux pieds suite à un accident d’enfance – elle et un ami s’affairaient à positionner une porte de grange pour l’utiliser comme rampe de bicyclette quand la porte lui est tombée dessus.

À l’âge de 18 ans, elle découvre les courses de fauteuil roulant. Bien qu’elle termine en dernière place lors de sa première course, il s’agit d’un moment décisif qui marque le début de sa carrière légendaire.

En l’espace de quatre ans, sa détermination résolue conjuguée à un régime d’entraînement extrême la transforment en coureuse d’élite.

Lors de sa première participation aux Jeux olympiques – les Jeux de Barcelone en 1992 – Petitclerc, âgée de 22 ans, remporte deux médailles de bronze.

Les cinq « héros » qui figurent sur la liste de son site Web personnel expliquent peut-être en partie sa détermination.

Cette liste comprend l’astrophysicien canadien Hubert Reeves et le coureur australien Peter Norman, le troisième athlète sur le podium de palmarès durant le salut historique du « Black Power » aux Jeux olympiques de 1968. Quel est le lien commun entre ces deux hommes?

« La passion et la conviction », explique Petitclerc. « Ce sont les éléments qui m’inspirent, peu importe la forme que prend cette passion. »

Depuis Barcelone, Petitclerc et le mouvement paralympique ont fait de grands pas tant au niveau de la qualité que de la performance.

Petitclerc digne du Marsh
DAVE PERKINS

C'est maintenant officiel, selon la présidente du comité Silken Laumann, tous les futurs gagnants du trophée Lou Marsh auront une chose en commun avec tous les anciens gagnants : ils seront humains plutôt qu’équins.


La plus récente récipiendaire a un visage humain elle aussi, avec la décision du jury de 15 personnes hier de nommer Chantal Petitclerc comme athlète canadienne de l’année pour 2008, si elle n’a pas reçu ce vote, elle reçoit certainement ces félicitations et les mérite bien. Son niveau de réalisation, non seulement cette année, mais tout au long de sa carrière, la rend digne de tous les éloges qu’on peut lui faire. Elle est une championne, dans le coeur et dans l’âme.


Une fois encore, le choix n’était pas unanime et, une fois encore, il n’y aurait pu avoir de mauvaise décision parmi les noms de la courte liste de finalistes qui incluait (dans aucun ordre précis), Simon Whitfield, Justin Morneau, Carol Huynh, Jeffrey Buttle, Eric Lamaze et Daniel Nestor.

Quinze autres noms figuraient sur une liste plus longue, qui nécessitait un jumelage en paire, et de bons débats ont suivi quelques-uns d’entre eux. Les athlètes de premier rang ne manquent pas dans notre pays. Ils n'ont d'ailleurs jamais manqué.

Cela dit, le nom de « Some-beachsomewhere » a été le premier à l’ordre du jour en raison d’une campagne calme et raisonnable lancée par l’industrie, visant à susciter l’intérêt des membres du comité Marsh, à faute d'obtenir leur vote. Cet ambleur âgé de trois ans, dont le propriétaire habite la Nouvelle-Écosse, est certain de gagner tous les prix décernés pour le Cheval de l’année, mais le comité, n’ayant jamais vu un candidat à quatre pattes sur la liste des finalistes, n’était pas certain que le jour viendrait où un tel changement serait justifié dans ce domaine.

Cette décision n’était pas unanime, mais elle sera certainement mieux reçue qu'une décision dans le sens contraire. Ceci n’empêche toutefois pas de considérer les athlètes qui participent aux courses de chevaux tels que les jockeys, les conducteurs, Lamaze et autres cavaliers comme candidats pour les prix futurs.

Une fois cette question réglée, et après avoir considéré d’autres candidats, Petitclerc fût le nom qui demeura sur la liste de la majorité des membres du comité. Il est difficile de comparer les mérites de médailles équestres avec ceux d’un frappeur qui marque beaucoup de points, ou ceux d'un joueur au tennis en double classé, etc. Cela reviendrait à comparer des pommes et des oranges et après avoir accumulé cinq médailles d’or à Pékin, l’apogée d’une carrière passée parmi les meilleurs, Petitclerc, en fin de compte, s'est avérée le choix le plus méritant aux yeux du comité.