L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Cindy Klassen

Patinage de vitesse

2006


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La reine de Turin règne en 2006

mardi, le 12 décembre 2006

Cindy Klassen gagne le prix Lou Marsh en tant que meilleure athlète canadienne, son record de cinq médailles olympiques lui donne préséance sur trois joueurs par excellence, l’un d’eux étant Steve Nash de la NBA.
Dave Perkins

Le comité du prix Lou Marsh s’en est peut-être remis à trois petits mots. Non, on ne parle pas de « pommes et oranges », qui sont ultimement ce que les électeurs comparent et sélectionnent, vrai ou faux.

Il s’agit de ces trois mots : « cinq médailles olympiques ».

Lorsque les discutions ont été terminées et que les votes ont été faits, la performance record de Cindy Klassen, lors des Jeux olympiques d'hiver de Turin en février dernier, l'a fait gagner par une légère avance sur Steve Nash, deux fois récipiendaire et joueur par excellence de la National Basketball Association.

Il s'en est fallu de peu et ce n’est pas surprenant, le résultat final était de 6-5. Et qu’est-ce que cela signifie pour l'étendue de talent athlétique de ce pays que Justin Morneau, choisi joueur par excellence de la Ligue américaine de baseball ne puisse recevoir une nomination de première place de la part des 11 électeurs inscrits? C’est une Ligue coriace.

Il va de soi que certaines années sont plus compétitives que d’autres. Certaines années Rocky remporte l’Oscal et Le citoyen Kane ne le remporte pas. Tout dépend du potentiel du groupe. Il y a aussi eu d’autres compétitions serrées dans les annales du prix Marsh. Certaines années, vous pensez qu’il aurait été bon que les votes soient allés dans une autre direction à la ligne d’arrivée. Il s’agit d’une de ces années.

Mais cinq médailles olympiques. C’est difficile de passer une montagne sans lui donner la reconnaissance qui lui est due.

« C’est un honneur. J’ai d’ailleurs entendu dire que la compétition avait été très serrée, alors je me considère vraiment chanceuse d’avoir été capable de gagner ce prix, surtout contre un athlète de la trempe de Steve Nash. C’est vraiment une bonne façon de terminer l'année », a annoncé Klassen à Randy Starkman du journal le Star.

Les Olympiques sont importants pour nous au Canada. Nous sommes nombreux à les regarder et ils nous passionnent. C’est naturel qu’ils soient mis en évidence lors des procédures de vote. Pour les athlètes individuels, les Jeux viennent à la fin, ou près de la fin d’une longue et difficile saison de la Coupe du monde et représentent, d’une certaine façon, leurs propres récompenses. Les athlètes ont une chance tous les quatre ans de connaitre la gloire et personne n’en a connue de plus grande que la Winnipegienne de 27 ans que Jacques Rogge lui-même a baptisée « la femme des Jeux ».


Étudiez la liste des gagnants Marsh, lors des années olympiques, ceux qui performent au-dessus de la moyenne aux Jeux ont été récompensés : Myriam Bédard en 1994; Adam van Koeverden en 2004; Daniel Igali en 2000; Carolyn Waldo en 1988; Gaétan Boucher en 1984. Tous de grands champions dignes du prix Lou Marsh. Mais aucun d’eux n’a remporté cinq médailles en une même édition des Jeux comme l’a fait Klassen. Elle est la participante olympique la plus décorée de l’histoire canadienne, lors d’une édition des Jeux. Il n’y a aucune raison pour que son nom ne soit pas sur ce trophée.

Ce n’est pas que nous regardions nécessairement plus loin que Turin, mais elle était championne de la Coupe du monde au classement général, à l’épreuve du 3 000 m, championne mondiale au sprint et avait établi deux records du monde (elle en possède trois) en cours de route.

Comprenez, cette décision n’enlève rien à Nash, qui est brillant sur le terrain dans un sport véritablement international et une personne remarquable à l’extérieur. Ça n’enlève rien non plus à Morneau ou les autres finalistes à savoir Jennifer Heil, Jonathan Cheechoo, Joe Thorton ou Clara Hughes.

Ils composent un groupe formidable. Mais Klassen se distingue légèrement plus, ce qui mène à penser à trois autres petits mots : méchant bon choix.

RICK SCUTERI/REUTERS DOSSIER PHOTO

BERNARD WEIL/TORONTO STAR DOSSIER PHOTO
Personne n’a performé de façon plus éblouissante pour le Canada à Turin, que Cindy Klassen, qui a récolté un record de cinq médailles en patinage de vitesse. Hier, la patineuse originaire de Winnipeg a été nommée récipiendaire du prix Lou Marsh de cette année.

L'humble Cindy est dans une Klassen à part

La patineuse de vitesse reçoit le prix, mais tout ce qu’elle désire pour Noël est une bonne casserole à omelettes

RANDY STARKMAN
RÉDACTEUR SPORTIF

La collecte de Cindy Klassen cette année comprend maintenant le prix Lou Marsh, cinq médailles olympiques, un titre mondial et deux records du monde. Alors qu'est-ce que l'athlète par excellence de 2006 au Canada pourrait bien vouloir pour Noël?


« Ça va sembler stupide, mais je veux vraiment une bonne poêle à frire pour omelettes parce que j’en fais tous les matins. » a dit Klassen, avec son petit rire amical habituel.

Le fait que sa liste de souhaits pour Noël soit si modeste convient à sa nature. S’il y avait une médaille d’or remise pour l’humilité, l’étoile du patinage de vitesse pourrait bien la gagner aussi. Hier, elle a décroché le prix de fin d’année le plus prestigieux au pays, remportant le prix Lou Marsh par une mince avance sur un groupe chevronné composé de trois joueurs par excellence en sports professionnels, dont Steve Nash de la NBA, qui avait été gagnant en deux occasions.

Le succès n’a pas changé Klassen. Pas même un peu. Il se pourrait que ce soit la chose la plus surprenante à propos de la Winnipegienne de 27 ans, surpassant même ses prodigieux exploits athlétiques de l’année dernière.

On lui a demandé hier si elle devenait plus confortable avec l'idée d’être une célébrité.

« Ça semble encore bizarre, juste de vous entendre dire ça », a dit Klassen lors d'une entrevue téléphonique de Calgary. « Je ne sais pas si c’est quelque chose à quoi je pourrai m’habituer. Je dois dire que les entrevues deviennent plus faciles puisque j’en fais de plus en plus. Mais je suis encore un peu gênée, la même personne que j’ai toujours été. »

Elle fait peut-être briller ses lames sur la glace, mais il n’y a rien de superficiel à sa personnalité à l’extérieur de la patinoire. Première pièce à l’appui, nous vous présentons l'endroit où elle garde ces cinq médailles olympiques, si révérées par les Canadiens : elle les garde dans sa garde-robe. Est-ce que ces médailles seront bientôt accompagnées du prix Lou Marsh? « Je n’y ai jamais vraiment pensé », a dit Klassen. « Peut-être que j’aurai un endroit d’honneur particulier dans la maison de mes parents à Winnipeg. »

Klassen crédite son éducation mennonite pour son attitude terre-à-terre. Elle est très près de sa communauté religieuse, elle est allée en Afrique l’été dernier avec le Comité central mennonite pour les voir travailler dans les communautés ravagées par le SIDA. Elle perçoit son humilité comme un produit de sa foi. « J’ai l’impression que c’est un cadeau que j’ai reçu de Dieu et je n’ai aucun droit de m’en vanter parce qu’il s’agit d’un cadeau », a-t-elle déclaré.

Klassen a eu de la difficulté à se motiver au début de ce nouveau cycle olympique. Ayant besoin d'une pause physique et psychologique, elle et son entraîneur Neal Marshall ont décidé qu’il serait mieux pour elle de ne pas participer à la première partie de la saison de la Coupe du monde. Elle s’est installée dans la ville touristique de Canmore pour environ six semaines, où elle s’est entraînée avec l’équipe de ski de fond.

« Mentallement, c’est le plus important, que j’arrive à me sentir mieux de cette façon, » a-t-elle déclaré. « Je me sens mieux après être revenue de Canmore, mais je crois que ça va être progressif. Si j’ai de la chance, à la fin de l’année, je me sens vraiment bien... Je crois que les motivations y sont pour quelque chose, mais je pense que c’est normal après une année olympique. »

Son retour sur la glace plus tôt ce mois-ci a été un peu surprenant.

« C'était drôle parce que j'ai mis les pieds sur la glace et immédiatement, mes genoux ont barré », a dit Klassen. « Tu veux patiner sur la partie extérieure ou lisse de tes lames. Tout de suite, mes pieds se sont appuyés sur la partie intérieure juste parce que j’avais pratiqué le ski de fond. Tout le monde s'est mis à rire de moi. »

Elle se rendra chez elle, à Winnipeg, en coup de vent pour une courte pause pendant les fêtes, arrivant la veille de Noël et retournant à Calgary au Boxing Day pour les essais de l’équipe canadienne. Ça sera vite fait, mais quelque part elle trouvera le temps de repenser à sa mémorable saison et à sa plus récente distinction.

« Ça semble étrange », a-t-elle dit. « Il faut assurément que je me pince. L’année dernière a été une année incroyable, mais je n’aurais pas pu le faire sans mes entraîneurs, sans mes coéquipières et l’équipe de soutien qui m’entourait. Il y a tellement de gens à qui je le dois et sans aucun doute, l’appui des Canadiens est énorme. »

Humble jusqu’à la fin.

STEVE RUSSEL/ TORONTO STAR DOSSIER PHOTO
Cindy Klassen, à l’avant, mène ses coéquipières Clara Hughes et Kristina Groves à une médaille d’argent au relais, la deuxième de cinq médailles que Klassen allait gagner à Turin.