L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Donovan Bailey

Athlétisme

1996


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Bailey illustre l’excellence athlétique canadienne

jeudi, le 12 décembre 1996

Par Dave Perkins

Dans l’univers du jugement sportif, ce choix équivalait à un coup franc direct juste devant le but. Donovan Bailey est le gagnant du trophée Lou-Marsh remis à l’athlète canadien par excellence en 1996.

Le scrutin officiel s’est déroulé hier, mais les votes ont en fait été recueillis en 9,84 secondes le soir torride (pardonnez l’expression) du 27 juillet à Atlanta.

Il n’y a qu’un seul homme le plus rapide au monde et Donovan Bailey l’est depuis qu’il a remporté le Championnat du monde de sprint l’année précédente. Cela lui a presque valu le trophée Lou-Marsh en 1995, mais Jacques Villeneuve, premier Canadien à gagner le Indy 500, l’avait devancé.

Cependant, les juges, il y a un an, s’étaient donné cette règle : si Bailey gagne la finale du 100 mètres des Olympiques, il recevra alors le trophée Lou-Marsh pour 1996.
C’est exactement ce qui s’est produit. Donovan Bailey s’est distingué dans le sport probablement le plus en vue de tous. Il a battu ses adversaires et a établi un record du monde en le faisant. Il est impossible de surpasser cet accomplissement, bien que plusieurs aient essayé.

Les rameuses en couple Marnie McBean et Kathleen Heddle, qui ont gagné leur troisième médaille d’or aux Jeux olympiques d’été d’Atlanta, étaient tout juste derrière Bailey, de même que Villeneuve et le joueur étoile de l’Avalanche du Colorado, Joe Sakic. Ils ont tous reçu l’attention du comité de sélection du trophée Lou-Marsh, qui comprend trois rédacteurs des nouvelles sportives de journaux torontois, Brian Williams de la CBC et l’ancien chroniqueur du Toronto Star, maintenant retraité, Milt Dunnell, tous sous la supervision du président du comité, Jake Gaudaur.

Et si l’on doute que le triomphe de Donovan au 100 mètres soit suffisant pour en faire l’athlète numéro un au pays, il faut se rappeler qu’il a aussi permis de souffler la médaille d’or aux États-Unis en tant que quatrième coureur lors du relais 4 x 100 mètres. C’est un peu comme Babe Ruth avec tous ses coups de circuit : quand on cherche un peu, on se rend compte qu’il détient aussi quelques records de lancer.

Voici ce qu’il faut pour être un lauréat du trophée Lou-Marsh : une médaille d’or olympique dans ce qu’on considère généralement comme étant la grande épreuve de l’athlétisme. Et si Donovan Bailey n’avait jamais existé, voyez la force des autres candidats : une paire de triples médaillés d’or, peut-être les femmes aux exploits les plus brillants que le Canada ait jamais envoyées en compétition internationale, du moins dans les sports d’été, Villeneuve, qui s’est rendu à la course finale d’une première saison spectaculaire et qui possède encore des chances de gagner le championnat mondial de Formule 1, et Joe Sakic, joueur le plus utile en séries et gagnant de la coupe Stanley.

Ces personnes sont des sportifs de haut niveau performant aux niveaux les plus élevés au monde. Cette distinction n’est ni locale, ni de second ordre. On ne l’obtient pas en étant le plus gros poisson d’un petit étang. Pas de comparaison possible. Des athlètes extraordinaires, comme Elvis Stojko, Silken Laumann, Derek Porter et Patrick Roy, par exemple, ne figuraient même pas parmi les candidats, tant le niveau de la sélection était élevé.

On parle d’excellence pure et simple. Le Canada en compte en abondance parmi ses héroïnes et héros sportifs, et, manifestement, il n’a jamais fallu en accomplir autant qu’aujourd’hui pour gagner le trophée Lou-Marsh.

Donovan Bailey vient d’être honoré comme les autres grands du sport canadien, d’anciens lauréats tels que Wayne Gretzky (quatre fois) et Sandy Hawley (deux fois), Mark Tewksbury, Nancy Greene (deux fois), Myriam Bédard et Don Jackson, Russ Jackson et Kurt Browning, Barbara Ann Scott (trois fois) et Maurice « Rocket » Richard, ainsi que tous les autres qui nous rendent si fiers.

C’est une liste prestigieuse. Seul un grand champion peut en faire partie.
Sous-titres des images : Victoire haut la main : Un effort digne d’une médaille d’or au 100 mètres olympique a valu à Donovan Bailey le trophée Lou-Marsh de l’athlète par excellence au Canada en 1996.