L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Elaine Tanner

Natation

1966


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« Ça alors ! Moi ? Gagner le trophée que le « Rocket » Richard et d’autres illustres athlètes ont gagné. »

samedi, le 17 décembre 1966

Elaine Tanner est, à 15 ans, la plus jeune lauréate du trophée Lou-Marsh Memorial.

Par KEN McKEE, journaliste sportif du Star

Ce ne fut pas chose facile d’annoncer à Elaine Tanner qu’elle allait devenir la plus jeune gagnante en 31 ans d’histoire du trophée Lou-Marsh Memorial.

Cette récompense est remise annuellement à l’athlète par excellence de l’année, amateur ou professionnel, homme ou femme, en mémoire de l’ancien journaliste sportif du Star.

Elaine Tanner, la « Mighty Mouse » de notre équipe émérite de natation qui a connu beaucoup de succès aux Jeux de l’Empire britannique, aura 16 ans le 22 février. Elle jouit, malgré sa petite stature (5 pieds 1 pouce), d’une monumentale renommée internationale. Elle détient un record du monde, est codétentrice d’un autre, et a gagné un record sans précédent de sept médailles, quatre d’or et trois d’argent, aux Jeux du Commonwealth, en Jamaïque.


PARTIE DEPUIS LONGTEMPS


Le premier appel à sa résidence de Vancouver fut acheminé vers 7:30 hier, mais Elaine avait déjà quitté depuis un bon moment pour son entraînement de 15 minutes à la piscine. Puis, elle fut momentanément à la maison, pour un rapide petit déjeuner. Elle prit ensuite la route de l’école où elle tente de compléter sa 10e année, une brillante élève avec l’ambition d’étudier les sciences au collège.

Après l’école, toujours rien. Vous voyez, il y avait une autre session d’entraînement de natation de 90 minutes.

Finalement, la dynamique jeune fille est jointe au téléphone, débordante d’énergie comme si elle venait tout juste de sortir du lit après une bonne nuit de sommeil.

« Ça alors, » cria-t-elle, « vous n’êtes pas sérieux. Moi ? Gagnante du trophée que le « Rocket Richard » et d’autres illustres athlètes ont gagné. Merveilleux. Vous savez, lorsque vous faites de la compétition, vous ne pensez tout simplement pas à ces choses là. »

Il semble qu’Elaine Tanner soit une fille tranquille et modeste, sauf quand vient le temps de compétitionner, et de gagner. Elle n’a pas connu souvent la défaite. La première compétition à laquelle elle prit part fut une épreuve de style libre de 20 verges, et elle gagna. Peu après, alors qu’elle ne savait même pas ce qu’était la brasse papillon, elle gagna une autre course de 20 verges dans ce style. La semaine suivante, son instructeur annonçait : « aujourd’hui, je vais vous apprendre comment pratiquer la brasse papillon. »

Da façon évidente, le style brasse papillon était fait pour elle, et c’est aujourd’hui sa spécialité. Elle détient le record mondial de 2 minutes 29,9 secondes au 220 verges et le record américain de 58,7 secondes au 100 verges. Elle fut aussi membre de l’équipe canadienne de relais qui détient le record mondial de 4 minutes 10,8 secondes au 440 verges style libre.

Elaine nage depuis qu’elle a huit ans et elle n’a pas l’intention de s’arrêter de sitôt.

« J’adore ça. Non, je n’ai jamais eu marre de tout ce travail, » nous dit-elle. « Mes prochains objectifs sont les championnats panaméricains qui auront lieu l’été prochain ainsi que les Jeux olympiques de 1968, mais je crois qu’il y a de bonnes chances que je continue la compétition après cela car j’ai l’intention d’aller au collège. Si cela ne dépend que de moi, il est même possible que je sois encore dans le portrait lors des Jeux olympiques de 1972.

Pour une jeune fille de 15 ans, Elaine est non seulement talentueuse, mais aussi très déterminée. Son acharnement lors des compétitions ne fait que confirmer ce que ses exploits et ses records indiquent déjà.

« Rien n’est fait inutilement si cela aide à atteindre un but précis, » affirme-t-elle. « Je n’ai jamais rien fait jusqu’à présent qui a été ennuyant pour moi. »

Son programme d’entraînement rigoureux en est un bon exemple. Il requiert six matins et trois après-midi par semaine en plus d’un minimum de 90 minutes tous les dimanches.

« Je vais compétitionner en Afrique du Sud durant presque tout le mois de février alors je suis présentement un entraînement intensif, » explique-t-elle. De plus, un mois sans aller à l’école signifie qu’elle doit mettre les bouchées doubles afin de prendre assez d’avance sur le reste de la classe pour pouvoir être fin prête pour les examens du printemps.

« Je n’ai jamais pris trop de retard, » dit-elle, « mais si cela se produit, je suivrai des cours d’été avec un tuteur. »

Un petit ami? La réponse semble évidente. Qui aurait le temps pour de telles frivolités avec un horaire aussi chargé?

Le vote final du comité de sélection fut unanime en faveur de cette jeune fille qu’un entraîneur canadien de natation, Nick Thierry de Toronto, a décrite comme « le plus bel espoir sur la scène internationale depuis Dawn Fraser. » Elle est la neuvième femme à remporter le trophée.

LES AUTRES VEDETTES

Toutefois, le comité formé d’Harry Foster, président, Charles E. Ring, présentateur du trophée en 1937, Oscar Pearson et Charles Higginbottom offrit une mention honorable à plusieurs autres nominés.

Parmi ceux-ci, Harry Jerome et Abby Hoffman pour leur médaille d’or sur piste aux Jeux du Commonwealth, Bobby Hull, nommé l’athlète par excellence de l’année selon la Presse Canadienne, les golfeurs Gary Cowan et Marlene Stewart Streit, le quart-arrière Russ Jackson des Rough Riders d’Ottawa, nommé joueur de l’année dans la Ligue canadienne de football, et l’équipe équestre canadienne.