L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Graham Smith

Natation

1978


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Un nageur et un skieur se partagent le trophée Lou-Marsh

vendredi, le 15 décembre 1978

Un nageur et un skieur se partagent le trophée Lou-Marsh

Ce fut une excellente année dans le sport pour les Canadiens.

La preuve a été faite hier, alors que pour la première fois dans l’histoire, le comité de sélection n’a pu s’entendre à choisir un seul gagnant du trophée Lou-Marsh. Ainsi, deux personnes ont été nommées athlètes canadiens les plus exceptionnels de l’année 1978 : le nageur Graham Smith et le skieur Ken Read.

Il y avait eu des cogagnants auparavant, lorsque deux personnes avaient collaboré à une même victoire remarquable, mais jamais deux séries de réussites n’avaient été jugées absolument égales.

Smith a empoché six médailles d’or pour le Canada aux Jeux du Commonwealth, l’été dernier, et a poursuivi sur sa lancée avec une victoire (inscrivant un record du monde) aux Championnats du monde à Berlin Ouest.

Read a fini premier à la Coupe du monde de ski alpin à Chamonix (France), en février dernier et a récidivé dimanche dernier à Schladming, en Autriche.

Les deux lauréats du trophée Lou-Marsh sont des athlètes albertains. Smith est originaire d’Edmonton et Read de Calgary.

Il y avait six autres finalistes impliqués dans la compétition la plus serrée de l’histoire du trophée Lou-Marsh : Cathy Sherk, championne de golf amateur au Canada, aux États-unis et au monde en 1978, Susan Nattrass, championne du monde de tir au pigeon d’argile, Tony Gabriel, voté meilleur joueur du football canadien lors de la dernière saison, Gilles Villeneuve, devenu le premier coureur automobile canadien à gagner un Grand Prix, Guy Lafleur, gagnant du trophée Lou-Marsh de 1977, qui a une fois de plus dominé dans la Ligue nationale de hockey, Diane Jones-Konihowski, dont le triomphe aux Jeux du Commonwealth l’a rendue pentathlonienne numéro 1 au monde.

Six personnes faisaient partie du comité du trophée Lou-Marsh, qui a mené ses délibérations jusqu’à hier. Harry (Red) Foster, le président, avait pour collègues Milt Dunnell, chroniqueur au Star, ainsi que les journalistes sportifs Ken McKee (Star), Jim Vipond (Globe and Mail), George Gross (Sun) et Chuck Svoboda (la Presse Canadienne).

Feu Charles Ring a fait don du trophée en 1936 afin d’honorer la mémoire de Lou Marsh, qui fut longtemps chroniqueur et journaliste sportif au Star. N’importe quel athlète canadien est admissible, amateur ou professionnel, masculin ou féminin.

Smith, 20 ans, était le héros de son patelin lors des Jeux du Commonwealth d’Edmonton, auteur de la plupart des succès du Canada à la piscine. Il a gagné quatre courses individuelles et fut un nageur clé dans la victoire de deux équipes au relais.

Il y eut une tendance, cependant, à diminuer l’ampleur des succès de Smith à Edmonton car, excepté quelques Australiens, la concurrence en natation n’était pas considérée très forte aux Jeux du Commonwealth.

Mais Smith a confirmé qu’il était l’un des meilleurs athlètes aquatiques actuels lorsqu’il s’est rendu à Berlin Ouest en août dernier pour les Championnats du monde.

Il a presque raté son 100 m brasse, l’une de ses spécialités, lorsqu’il a mal évalué sa poussée à la fin de la course pour poursuivre son mouvement de justesse. Il a ensuite nagé lentement au 200 m et a terminé septième.

Il lui restait le 200 m quatre nages individuel, qui n’était habituellement pas sa meilleure épreuve. Cependant, cette fois, ce le fut. Faisant 50 m en dos crawlé, en papillon, en brasse et en style libre, il a terminé premier avec un temps de 2:03.65, retranchant de presque deux centièmes de seconde le record du monde. Parmi ceux laissés derrière figurait Steve Lundquist, des É.-U., qui avait établi le précédent record.

C’était le premier titre du Canada, en natation, depuis 1973.

Smith est à Berkeley (Calif.) et étudie présentement tout en se préparant pour sa seconde rencontre interuniversitaire des États-Unis, avec l’équipe de l’Université de Californie.

Read, maintenant âgé de 23 ans, est devenu le premier Canadien à remporter une Coupe du monde de ski alpin depuis 1975, à Val d’Isère, en France.

Read a fait partie à maintes reprises des 10 premières positions au cours des saisons de ski de 1977 et 1978, après une année post-olympique plutôt médiocre, et s’est finalement classé premier à Chamonix.

Sous titres des photos :
Graham Smith : record du monde
Ken Read : meneur en descente