L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Mark Tewksbury

Natation

1992


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Tewksbury gagne le trophée Lou-Marsh

mercredi, le 16 décembre 1992

La route de Tewksbury n’est pas tout à fait pavée d’or
Par Rick Matsumoto
TORONTO STAR

Gagner une médaille d’or n’a pas amené à Mark Tewksbury la manne d’or qu’il attendait.

Le nageur de Calgary, qui fut hier nommé gagnant du trophée Lou-Marsh en tant qu’athlète le plus exceptionnel de 1992, jette le blâme sur le mauvais « moment ».

« Je n’ai pas gagné un million de dollars », a dit Tewksbury. « C’est la récession. Les commanditaires ne dépensent pas d’argent lorsqu’ils voient comment va l’économie. Les jours où on embarquait à bord du train olympique à toute vitesse sont terminés. » « Kerrin Lee-Gartner, Silken Laumann, les autres, ils sont tous à bord du même bateau. »

Lee-Gartner a gagné une médaille d’or inattendue aux Jeux d’hiver à Méribel, en France, en février dernier.

Laumann a offert une performance courageuse en gagnant la médaille de bronze en aviron à Barcelone. Une malchance avait auparavant brisé sa jambe et sa participation aux Jeux d’été était douteuse.

Lee-Gartner et Laumann, gagnants du trophée Lou-Marsh l’an dernier, faisaient partie de ceux que Tewksbury a battus. La nageuse Sylvie Fréchette, double médaillée d’argent à Barcelone, et le coureur de haies Mark McKoy, médaillé d’or, sont les autres athlètes ayant été fortement considérés.

« C’est vraiment quelque chose », a-t-il dit. « Il y a un tel prestige derrière (le trophée Lou-Marsh). De gagner c’est…wow. C’est une année formidable. »

Le trophée, donné pour la première fois en 1936 à la mémoire de l’ancien journaliste et chroniqueur sportif Lou Marsh, est admissible à tous les athlètes canadiens, professionnels et amateurs.

Le vote a été effectué par les journalistes sportifs du Toronto Star, du Toronto Sun, du Globe and Mail et de la Presse Canadienne, de même que par le journaliste sportif émérite du Star, Milt Dunnell. L’ancien commissionnaire de la LCF, Jake Gaudaur, a présidé le comité de sélection, mais ne participait pas au vote.

On s’attendait à ce que Tewksbury puisse encaisser des millions de dollars pour récompenser ses efforts après avoir établi un temps record au 100 m de nage sur le dos, qui lui a valu la première médaille d’or canadienne aux Jeux d’été.

Il a aussi gagné une médaille de bronze avec l’équipe de relais quatre nages. Mais les choses ne se sont pas passées comme cela.

« Je ne pleure pas parce que je suis pauvre », a dit Tewksbury, agacé. « Mais je n’ai pas obtenu autant de soutien que ce que les gens croyaient que j’allais avoir. »

Des quatre compagnies l’ayant soutenu pour aller aux Olympiques, seulement deux (le Groupe Investors et le Centre d’information sur le bœuf) continuent à le commanditer. Bugle Boy jeans et Speedo Canada se sont retirés.

« Maintenant, les choses s’améliorent un peu », a-t-il dit. « Plus de choses me sont arrivées dernièrement que tout de suite après les Olympiques. »

Tewksbury, toutefois, n’a pas chômé depuis qu’il est retourné chez lui après Barcelone.

Il a parcouru le pays pour parler à des groupes de jeunes et à des adultes lors de réunions d’affaires.

Il gagne très bien sa vie avec cela et sera très occupé jusqu’à la fin de l’année 93.

« Ça vraiment été fou, a-t-il dit, mais d’une belle folie. »

L’ajustement le plus difficile, a dit Tewksbury à la CBC lors d’une entrevue, c’est de ne pas avoir de routine quotidienne, ce qu’il avait constamment eue durant les années avant Barcelone, et aussi avant les Jeux de 1988 à Séoul, où il a terminé cinquième.

« Je savais chaque jour que j’allais me lever, nager, retourner chez moi, nager encore puis retourner chez moi », a-t-il dit. « Concentration et structure. Ces choses se sont en allées et ça été un peu difficile de m’y habituer. »

« Mais j’essaie de travailler chaque jour, ce qui au moins me replace dans mon élément. Je sais que si je suis dans un gymnase, n’importe où, je vais me sentir chez moi. »

Partout où il va, il emporte sa médaille avec lui et il estime qu’environ 50 000 Canadiens l’ont touchée. Mais elle est toujours en bon état..

Alors que Tewksbury songe à la retraite, il dit qu’il ne prendra pas de décision avant le début de la nouvelle année.

« Je dois encore examiner ça aux Jeux du Commonwealth et voir si je veux passer au travers (l’entraînement) encore une fois », a-t-il dit. « Ou peut-être que j’aimerais faire partie de la mission aux Jeux. »

S’il décide réellement d’accrocher ses lunettes, Tewksbury va probablement combiner ses conférences dans les écoles avec ses études universitaires.

Il a complété deux années à l’Université de Calgary avant de mettre ses études de côté afin de se concentrer sur la natation.

Il est maintenant temps d’y retourner et d’obtenir son diplôme.

Bien qu’il ait entrepris des études en sciences politiques, Tewksbury envisage aujourd'hui une carrière en journalisme.

Entre temps, il prévoit quelques semaines tranquilles pour la période des fêtes, avec sa famille.

Il passera ce temps en savourant sa victoire du trophée Lou-Marsh, venue peu après qu’il ait été nommé gagnant du trophée Lionel Conacher en tant qu’athlète canadien masculin de l’année 1992, selon un scrutin mené par la Presse Canadienne.

PHOTO DE TONY BOCK, DU TORONTO STAR
Mark Tewksbury a fait de grandes éclaboussures aux Jeux Olympiques de Barcelone et a été récompensé en étant nommé gagnant du trophée Lou-Marsh. Article en page B5.