L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

W. Marshal Cleland

Sports équestres

1937


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HÉRITIER PRÉSOMPTIF AU TRIOMPHE DE L’ÉCURIE CLELAND

mercredi, le 5 janvier 1938

Le lieutenant Marshal Cleland est le lauréat du trophée Lou-Marsh pour ses exploits remarquables en 1937

Hier, le lieutenant Marshal Cleland de la Governor-General House Guards a été nommé l’athlète le plus remarquable de 1937 et est devenu titulaire du trophée Lou-Marsh.Voici le gagnant qui adopte trois poses différentes. À GAUCHE, il est en compagnie du grand Dane « Butch » à la maison familiale. Au CENTRE, on peut le voir avec Roxana, la chouchoute de l’écurie Cleland qui compte plus de 50 chevaux et qui gagne à tout coup les trophées des concours hippiques du Canada. Finalement, la photo de DROITE nous le montre à son bureau quelques minutes après qu’il ait appris qu’il avait remporté l’inattendue, mais tant désirée surprise. Marshal Cleland est né à Hamilton au mois de juin il y a 26 ans d’un père écossais et d’une mère irlandaise. Lorsqu’il n’avait que neuf ans, il a gagné le plus grand prix individuel qu’on ne peut décerner dans les concours hippiques. En plus d’être aviateur amateur, c’est aussi un excellent photographe.

Le jeune Marshal Cleland est le lauréat du trophée Lou-Marsh
Sa mère sur son lit de mort supplie son fils de participer à la compétition
Gagnant de dix épreuves
Par Gordon Sinclair

Le lieutenant et cavalier de 25 ans, Marshal Cleland, a été nommé l’athlète canadien le plus remarquable de 1937. Il est devenu titulaire du trophée Lou-Marsh.
Ce prix est remis annuellement au sportif canadien, amateur ou professionnel, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, qui détient le plus impressionnant parcours pendant l’année.

En 1937, Marshal Cleland, le premier-né du clan d’équitation de Cleland, a remporté 10 championnats internationaux, et ce, en rivalisant avec les meilleurs cavaliers du monde.
Seulement quelques autres cavaliers, aujourd’hui morts ou vivants, ont réussi à réaliser de tels exploits.

Lorsqu’il fut informé de sa victoire, le mince et nerveux Marshal Cleland, un lieutenant de la Governor-General’s Body Guard lança : « Je suis surpris… qui ne le serait pas? Je suis ravi… qui ne le serait pas? Cependant, ce prix, comme tous les autres, revient autant à Timmy, Stu et Doug qu’à moi. »

Les Timmy, Stu et Doug auxquels il a fait allusion sont en fait le colonel R.S Timmis, l’OEM, le capitaine Stuart Bate et son frère cadet, le lieutenant Douglas Cleland, qui a créé l’équipe militaire canadienne. D’ailleurs, leur équipe remporta tous les honneurs au concours hippique militaire de New York l’automne dernier.

Voici ce qu’il a remporté
Le calme et imperturbable Marshal Cleland à dû participer à plusieurs épreuves au cours de la dernière année afin de devenir un grand gagnant.
Au concours hippique de Chicago : le championnat individuel, le parcours militaire en pair, l’événement de trois jours.

Au concours hippique de New York : épreuves militaires par éliminations successives, la classe internationale par équipe, le trophée de la Brooks Bright Foundation (distinction individuelle), l’événement de trois jours.
Au Royal Winter Fair : le « military touch-and-out », le parcours militaire en pair, le Widgery Memorial.
Et maintenant voici le trophée Lou-Marsh, crée par Charlie Ring, qui se joint aux 300 trophées et 3200 rubans qui se trouvent dans la sellerie du clan Cleland à Troy.

Marshal Cleland est né à Hamilton le 14 juin 1912. Sa mère est Irlandaise et son père est Écossais. Comme premier enfant, il est nommé William Cleland, fils de William Cleland et petit-fils de William Cleland.

Sa mère finit par dire qu’il y avait trop de William Cleland dans cette famille et qu’ils allaient dorénavant l’appeler Marshal. C’est ce qu’ils ont fait depuis. Le deuxième prénom Marshal a été donné pour honorer Billy Marshal, le populaire coureur de fond qui avait l’habitude de courir autour de Hamilton Bay comme s’il s’agissait d’une piste de course d’un demi-mille.

Incapable de frapper une balle de golf
Marshal a étudié dans une école privée de Hamilton. Il est ensuite allé à Trinity College à Port Hope. Là-bas, il s’est forgé une réputation de sprinter aux 220 verges et de footballeur qui pouvait envoyer le ballon très loin et à une grande vitesse. Cependant, il avait aussi la réputation de ne pas pouvoir frapper une petite balle de golf et il ne le peut toujours pas aujourd’hui.

Par contre, longtemps auparavant, alors qu’il n’était qu’un petit bonhomme de sept ans, Marshal voulait un cheval. Sa mère était une cavalière réputée et son père, qu’on appelait toujours « guvnor » montait à cheval pour chasser.

Comme il provenait d’un milieu aisé, il était raisonnable qu’il puisse avoir un cheval. Toujours est-il que cette idée était quand même farfelue puisqu’elle venait de Marshal lui-même. Son « guvnor » lui a donc acheté pour 1 $ la livre, chez Toronto’s Coulter Brothers, un Shetland qu’il a nommé Pete (quoique que Pete était une femelle).

C’était en 1919, quand Pete pesait 125 livres. Elle est morte il y a six semaines lorsque Marshal venait tout juste de remporter sa plus récente compétition à la foire d’hiver. Durant ses 18 années, Pete a enseignée aux cinq Cleland comment monter à cheval et chacun d’eux, Marshal, Douglas, Doris, Helen and Calder, furent récompensés dans les concours hippiques canadiens comme jeunes cavaliers.

Le plus jeune cavalier
Présentement, le lieutenant Marshal Cleland est le plus jeune cavalier de la compétition militaire internationale. Le colonel Timmis, qui fait partie de la même équipe, est le plus vieux. Mentionner les coéquipiers et les autres membres du clan ne serait pas normalement intéressant dans une telle histoire, mais lorsqu’on parle de ce héros du sport, on ne peut faire autrement. Cleland fait partie de l’équipe et aime travailler en équipe.
Les critiques ne s’entendent pas sur la façon dont il a enregistré ses plus mémorables exploits. Certains disent que c’est arrivé à New York l’automne dernier lors de son parcours sans faute au Madison Square Garden avec The Squire, un cheval de 23 ans, qui lui a valu la première place. The Squire appartenait et appartient encore au capitaine Bate, commandant de la cavalerie canadienne. Le capitaine avait été blessé avant la compétition. Marshal avait alors monté The Squire, un cheval rusé, qui l’a mené à la victoire.
Âgé de 25 ans, c’était le plus jeune cavalier à monter le plus vieux cheval à la course à obstacles.

D’autres disent que sa plus grande victoire serait au plus grand concours hippique du monde, à Dublin, alors qu’il n’avait que 19 ans et qu’il ne faisait partie de l’armée que depuis six semaines. Il aurait battu les meilleurs cavaliers de 9 nations différentes dans une compétition individuelle avec Sundart, un cheval fougueux et presque hors la loi.

Il a presque tout remporté
Plusieurs autres insistent que ses plus grandes victoires ont été remportées avec Roxana, une jument irlandaise et chouchoute de l’écurie du clan. Plusieurs diront aussi que Marshal a fait le meilleur coup de sa carrière lorsqu’il a décidé de recruter, d’entraîner et de représenter l’équipe militaire au concours hippique de Chicago, une équipe qui a remporté tous les rubans et tous les honneurs.

Peu de gens savent cela et peu de gens s’y intéresse. En fait, Cleland a presque tout remporté ce qu’un cavalier peut gagner sauf le Grand National.
Après un souper au populaire Dirty Club d’Irlande, un club privé de 13 membres, le clan Cleland a discuté, non sans peine, d’un concours hippique. Le « guvnor » W.B Cleland était un invité de John Warwick, un boulanger et grand amateur de chevaux.

Warwick avait entendu dire que, comme tous les autres fanatiques de chevaux, la Royal Winter Fair était l’un des plus grands concours hippiques. Il savait qu’il voudrait y assister et Cleland a fait en sorte que son souhait devienne réalité.

Warwick a bien paru et plusieurs ont même pensé acheter ses chevaux.
Il a demandé a Cleland ce qu’il en pensait et le « guvnor » a fait une offre d’achat. Cependant, lorsqu’est venu le temps de retourner en Irlande, les chevaux n’avaient pas été vendus et un d’entre eux, sur les cinq chevaux, était très malade. Cleland a donc offert à Warwick d’acheter quatre de ses chevaux. Celui-ci lui a ensuite remis le cheval malade gratuitement.

La santé du cheval malade s’est améliorée
Sundart s’est porté de mieux en mieux et est devenu très fort. Il repoussait tous ceux qui tentaient de s’en approcher jusqu’au jour où Marshal décida de travailler avec lui et de le dresser à sa propre manière. C’est avec lui en 1931 que Marshal remporta la victoire à Dublin. À 19 ans, il était le plus jeune cavalier à participer au concours et à le gagner.
Le clan a finalement vendu Sundart. Aujourd’hui, toute l’équipe le regrette, mais ils ont tout de même gardé Roxana, Margo et Activity. D’ailleurs, tous les amateurs de chevaux savent que les victoires sont associées à Roxana.

Un autre grand regret est le décès de la mère irlandaise de 46 ans du nouveau champion, qui est survenue deux jours avant le concours hippique de New York en 1936. Sur son lit de mort, la dame a téléphoné à ses fils, leur a demandé de ne pas se retirer de l’équipe canadienne, de poursuivre leur championnat la tête haute et de ne pas pleurer pour elle. C’est ce qu’ils ont fait.

Aucun des cinq jeunes cavaliers de l’écurie Cleland n’est marié. Ils ont tous différents passe-temps. Marshal et Douglas, tout comme leur père, sont des aviateurs amateurs d’expérience et de talent. Marshal pourrait même posséder son propre avion cette année. Il est aussi passionné de photographie et présentement, contrairement à son habitude d’être le meilleur cavalier qui soit, il ne monte à cheval que les fins de semaines puisque les affaires le retiennent en ville le reste du temps.

C’est Pete, le cheval, et le « guvnor » W.B Cleland qui ont enseigné à Cleland comment monter à cheval. Hughie Wilson et Oakville qui, parlant presque la langue chevaline, ont complété sa formation.

L’équipe canadienne se classe première
Hughie insiste sur le fait que Douglas est ou sera très bientôt un meilleur cavalier que Marshal. Le nom Cleland pourrait bien se retrouver une fois de plus sur la plaque scintillante où les noms des héros du trophée Lou-Marsh figurent. Il pourrait y avoir aussi un autre Cleland dans l’équipe militaire canadienne puisque Calder progresse de jour en jour.

L’équipe canadienne est la seule sur les 12 équipes qui sont actives en compétition à ne pas contenir entièrement des officiers militaires permanents qui montent des chevaux achetés et payés par leur gouvernement. Les chevaux qui font partie de l’équipe canadienne appartiennent et sont montés par leurs propriétaires et sont classés premiers dans le monde.