L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Nancy Greene

Ski alpin

1967


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Une nouvelle vie, mais toujours la même Nancy

vendredi, le 30 août 1968

Par JIM KERNAGHAN

Nancy Greene, le plus chaton des tigres depuis Tony, célèbre pour ses céréales givrées, est aussi occupée depuis qu’elle a mis de côté ses skis de compétition qu’elle l’était sur les parcours de descente et de slalom du monde.

Sa vie a complètement changé, mais, comme elle l’a montré hier soir à l’édifice Queen Elizabeth de l’ENC, elle reste la même.

L’événement en question était le dîner de remise du trophée Lou-Marsh que Nancy a reçu à titre d'athlète par excellence du Canada de 1967. Lou Marsh était rédacteur en chef des nouvelles sportives du Toronto Star.

Comme d’habitude, Nancy a tenté de faire dévier le feu des projecteurs.

« Je me rappelle en 1966, quand je suis arrivée deuxième après Elaine Tanner, comment j’étais heureuse qu’elle ait gagné. J’avais eu une mauvaise année et c’était une très bonne nageuse, » a confié la « tigresse » de 25 ans devant une centaine d’invités.

« J’aimerais vous présenter ma sœur, Liz, qui m’a aidée autant que n’importe qui parce que j’ai toujours voulu la battre. »

À la fin du discours de Nancy, c’est comme si les autres avaient fait tout le travail et que la seule chose qu’elle avait faite était de mettre ses skis. Et, comme à son habitude, elle a terminé en rougissant.

À une autre cérémonie plus tard devant la tribune, Nancy a été officiellement intronisée au Panthéon des sports canadiens. Elle a prêté les médailles d’or et d’argent gagnées aux Olympiques pour qu’elles y soient exposées.

Nancy Greene, héroïne des Jeux olympiques d’hiver de 1968 et gagnante des deux premières Coupes du monde, est toujours la même. Elle se porte infiniment mieux financièrement, mais son horaire n’a jamais été aussi chargé.

Ces derniers temps, elle a fait une apparition pour B.C. Telephone, a répété pour des émissions et des publicités pour General Motors, a mis la touche finale à son autobiographie et a passé un jour entier chez elle.

Elle prendra bientôt part à une tournée de relations publiques de trois semaines au nom de GM, passera du temps à Ottawa pour travailler au Groupe de travail sur le sport du premier ministre, participera aux Jeux olympiques du Mexique et reviendra ensuite pour toute une panoplie d’apparitions en novembre et en décembre.

Évidemment, l’argent qu’elle gagne, on estime à 200 000 $ les gains de sa première année hors des rangs amateurs, est la chose qui l’impressionne le moins.

« Une des choses que je fais qui m’intéressent le plus, c’est le Groupe de travail sur le sport. » a-t-elle dit à une assemblée dont la table d’honneur regroupait Beland Honderich, éditeur et président du Toronto Star, Dalton Bales, ministre du Travail de l’Ontario et Edwin Walker, président de General Motors du Canada.

« Dans tous les sports, il y a des athlètes fantastiques au Canada qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour exceller » a-t-elle affirmé.

« Au cours des prochains mois, nous souhaitons réorganiser les choses pour aider les amateurs. C’est mon plus grand défi. »

Le Groupe de travail sur le sport examine la relation entre le sport professionnel et amateur afin de déterminer pourquoi le Canada ne se classe pas mieux à l’échelle mondiale.

Après le dîner, Nancy a été présentée à une assistance de près de 1 500 personnes par Harry « Red » Foster, président du comité de sélection du trophée Lou-Marsh.

Un film décrivant les succès de Nancy en ski au Chili, au Canada et en Europe a ensuite été projeté.

« Je l’ai vu pour la première fois l’autre jour et ça m’a estomaquée, a-t-elle révélé. Je n’avais jamais vu mes descentes aux Olympiques auparavant. »

En résumé, Nancy a charmé tout le monde, autant maintenant, chez elle dans une robe d’un de couleur turquoise en satin, qu’en combinaison de ski.

« Joli col roulé, hein? », a lancé Nancy.
« Sur une superbe silhouette, » a répondu un journaliste.
« À peine, » a-t-elle rétorqué en rougissant.
Et elle avait tort, pour une fois.