L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Petra Burka

Patinage artistique

1965


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Le coût de l’amateurisme accable la gagnante du trophée Lou-Marsh de 1965

samedi, le 18 décembre 1965

Petra Burka, désignée aujourd’hui en tant que gagnante du trophée Lou-Marsh Memorial de l’athlète par excellence au Canada, défendra certainement sa place aux championnats nord-américains et canadiens de patinage artistique. Mais qu’elle soit en mesure de réaliser son ambition de concourir aux Jeux olympiques de 1968 est discutable.

Sa mère et entraîneuse, madame Ellen Burka, a affirmé hier que les rumeurs selon lesquelles Petra pourrait devenir professionnelle dans quelques jours sont « grandement exagérées ». Cependant, elle a ajouté ceci : « À moins que nous ne bénéficiions d’une forme de financement, telle qu’on en trouve dans d’autres sports, il sera impossible de l’appuyer au niveau amateur trois ans de plus. »

Madame Burka, qui a refusé des offres aussi élevées que 100 000 $ pour que Petra devienne professionnelle parce que sa fille veut participer aux Olympiques, tire ses seuls revenus de l’enseignement du patinage.

Son revenu a grimpé considérablement quand sa meilleure élève est devenue championne du monde, mais elle perd beaucoup de revenus potentiels étant donné qu’elle accompagne Petra lors des compétitions internationales.


Patiner dans les Alpes

« Nous partons la semaine prochaine pour une démonstration dans les Alpes bavaroises à Noël et une autre à Berlin pour le Jour de l’an, a annoncé madame Burka. Ce sera la quatrième fois que nous allons en Europe en huit mois. Il est facile de dire que nous ne sommes pas obligées d’y aller, mais une championne du monde ne peut se permettre de refuser ce genre d’invitation. »

« On paie ses frais, mais, en tant que championne, elle doit toujours être bien habillée et se montrer digne de son titre. Ça me coûte au moins 5 000 $ par année pour soigner sa présentation. »

Madame Burka a insisté sur le fait qu’elle n’essaie pas de faire pitié.

« Il s’agit seulement des faits, a-t-elle dit. Nos patineurs ont fait mieux que tous les autres athlètes en compétition internationale ces dernières années, ils obtiennent pourtant le moins de soutien du gouvernement. L’argent du Conseil de la santé physique est surtout utilisé pour promouvoir les débutants et encourager les jeunes à se mettre au patinage. »


Abandonner l’école


« J’ai parlé avec Nancy Greene (championne de ski nord-américaine) et elle était stupéfaite du peu d’argent que nous recevons. L’équipe de ski est subventionnée au point que ses membres peuvent aller à l’université. Petra a dû abandonner l’école après la douzième année parce qu’elle n’avait pas le temps d’y aller régulièrement, et je ne peux me permettre de payer des cours particuliers.

« Si elle n’a pas les moyens de demeurer au niveau amateur jusqu’en 1968, elle ferait mieux de passer au niveau professionnel bientôt, ou si ce n’est pas ce qu’elle veut, d’entrer à l’université. »

Petra est la septième fille et cinquième patineuse artistique à recevoir le trophée Lou-Marsh. Barbara Ann Scott, seule autre Canadienne à gagner le championnat féminin en solo, a remporté le prix trois fois : en 1945, 1947 et 1948. Barbara Wagner et Bob Paul ont été les lauréats en 1959 et Don Jackson l’a été en 1962.

En souvenir de Lou

Charles E. Ring a créé le trophée en souvenir de l’ancien rédacteur en chef des nouvelles sportives du Toronto Star, décédé en 1936. Le gagnant est sélectionné par un jury indépendant composé de Harry (Red) Foster, M. Ring, Charles Higginbottom, Oscar Pearson et Donald G. Ross.

Mademoiselle Burka l’a remporté par quatre voies contre une. Les autres nominés incluaient Dan Sherry, qui a établi un record mondial de natation cette année, Ron Feagan, en course attelée, Pacita Weidel, escrimeuse, Bobby Hull et Stan Mikita, hockeyeurs, George Knudson, golfeur, Bill Crothers, vedette d’athlétisme; et George Chuvalo, boxeur.