L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Sandra Post

Golf

1979


‹ Retourner à l'athlète

Le trophée Lou-Marsh récompense Post « pour 27 ans de dévouement »

jeudi, le 20 décembre 1979

« Maintenant, chaque fois que je serai présentée au départ d’un tournoi (de golf), je serai toujours présentée comme "l’athlète canadienne de l’année". C’est quelque chose dont je me souviendrai toujours.»
- Sandra Post

par Peter Krivel du Toronto Star

L’humiliation d’être la meilleure un jour et la plus mauvaise le jour suivant, les accolades données aux gagnantes et le manque de soutien offert à celles qui s’affaiblissent : c’est ce dont se rappelle le plus Sandra Post après une douzaine d’années passées sur le circuit de la LPGA (Ladies Professional Golfers Association).

Toutefois, les événements de cette semaine ont permis à la golfeuse professionnelle de voir sa carrière, souvent solitaire, d’un autre œil. Elle sait que ses 27 ans de dévouement en valaient la peine.

Post, 31 ans, la soi-disant « fille de fermier d’Oakville », qui maintenant demeure à Boynton Beach (Flo.), a ajouté hier le trophée Lou-Marsh Memorial à la récompense d’avoir été, il y a peu de temps, nommée athlète féminine canadienne de l’année suite au scrutin du service des nouvelles de la Presse Canadienne.

Le trophée Lou-Marsh est présenté par le Star à la mémoire de feu Lou Marsh, ancien journaliste sportif au Star, selon le vote d’un comité de sélection. Le trophée est remis à l’athlète canadien (masculin ou féminin, amateur ou professionnel, seul ou en équipe) considéré le plus exceptionnel, selon le comité de sélection.

Post a dépassé de justesse le coureur automobile Gilles Villeneuve, de Berthierville (Qué.), récoltant trois votes de première place et deux de deuxième rang, par rapport à deux de première position et trois de deuxième place pour Villeneuve. Cela lui a valu un écart de 13-12. La tireuse de pigeons d’argile Susan Nattrass, d’Edmonton a obtenu trois votes de troisième place, pour finir en troisième position. Le seul autre nominé à se distinguer lors du vote final a été le cycliste Gord Singleton, de Niagara Falls, avec deux votes de troisième place.

Dans le vote de la PC pour le trophée Bobbie Rosenfeld Memorial, Post était loin devant la pentathlonienne Diane Jones Konihowski.

« C’est fantastique », a déclaré Post lorsqu’on l’a avisée du résultat du vote. « Je savais que j’allais faire partie de la compétition pour l’athlète féminine de l’année, mais je ne pensais jamais que j’allais gagner le Marsh. »

« Le public ne réalise juste pas ce que ça prend pour être l’une des meilleures au monde. Cela représente énormément de sacrifices et de dévouement, et du temps. Et en golf, on le fait par nous-mêmes, on pratique et on joue seul. On est toujours soutenu lorsqu’on gagne, mais c’est le soutien que l’on reçoit lorsqu’on passe un mauvais moment dont on se souvient. »

Sa meilleure saison
Post a récemment complété sa meilleure saison sur le circuit, gagnant trois tournois et 178 750,68 $, seulement deuxième derrière Nancy Lopez, qui l’a aussi vaincue en tant que golfeuse féminine de l’année aux États-unis.

Mais même si Post, qui a gagné 525 590 $ en carrière, habite en Floride, elle ressent toujours une affection spéciale pour le Canada. Elle ne peut s’empêcher de se rappeler qu’elle est Canadienne.

« Je me rappelle, une fois, je jouais au Japon, et j’étais suivie par 15 000 Orientaux et deux Caucasiens », a-t-elle dit. « Finalement, le couple venait de Montréal et ils essayaient de faire taire les Japonais. »

« J’ai beaucoup de soutien quand je joue en Floride. Les mêmes personnes m’encouragent depuis 10 ans. »

« Je serai toujours une Canadienne. J’aime mon pays, je n’ai jamais pensé demander ma citoyenneté des États-Unis et je ne crois pas le faire un jour. »

Post a souvent dit que la seule raison pour laquelle elle vit en Floride, c’est qu’elle peut jouer au golf toute l’année, ce qui est impossible au Canada. Mais sans doute que cette situation l’a blessée concernant la reconnaissance de son propre pays envers elle. Elle est partie depuis 10 ans.

Elle a été désavantagée par le manque de visibilité de l’ AGPF au Canada et jusqu’aux dernières années du Peter Jackson Ladies Classic.
« J’ai parfois senti que les gens pensaient que j’avais abandonné le pays », a-t-elle ajouté. « Je ne l’ai jamais fait. Je voulais juste être la meilleure golfeuse du monde. »
Tel était l’objectif de Post dès le début. Elle a commencé à faire des tournois à l’âge de 9 ans et il est vite devenu évident qu’elle était très talentueuse. Toutefois, son dévouement pour le golf et son désir de gagner à tout prix n’a pas plu à plusieurs de ses collègues, sans parler de certains fonctionnaires qui sentaient que les événements sociaux devaient autant faire partie du golf que les tournois.

« Je n’ai pas vraiment fait ce qu’il fallait dans les cercles sportifs », admet-elle. « Tout ce que je voulais, c’était jouer au golf, et pratiquer. J’avais un but : le circuit des pros féminins »

Le comité de sélection du trophée Lou-Marsh, présidé par Harry (Red) Foster, comprenait Milt Dunnell, chroniqueur sportif au Star, Jim Vipond, commissaire d’Ontario Athletics, ainsi que les journalistes sportifs Cec Jennins (Globe and Mail), George Gross (Toronto Sun), Chuck Svoboda (la Presse Canadienne) et Ken McKee (Star). Gross étant en vacances en Europe, donc seulement cinq votes ont été compilés.

Les autres athlètes nominés étaient Jones Konihowski, les hockeyeurs Mike Palmateer, Wayne Gretzky et Darryl Sittler, Cindy Neale en équitation, la gymnaste Elfi Schlegel, le conducteur de véhicule hippomobile Ron Waples, le capitaine de l’équipe de soccer canadienne Bruce Wilson, le champion mondial de ski nautique Joel McClintock, la nageuse synchronisée Helen Vanderburg et la nageuse Cindy Nicholas.