L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Sandy Hawley

Course sous harnais

1973


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Hawley remporte le trophée Lou-Marsh

jeudi, le 20 décembre 1973

Par AL NICKLESON
Journaliste sportif au Star

Lorsqu’il a établi un record du monde peu susceptible d’être égalé, les chroniqueurs équestres l’ont surnommé Lancelot. Cela semblait adéquat pour un jeune homme aux cheveux longs, exceptionnellement courtois et doué pour les courses de chevaux.

Il s’appelle Sandy Hawley et hier soir, ce résidant de Mississauga âgé de 24 ans a été unanimement proclamé gagnant du trophée Lou-Marsh en tant qu’athlète le plus exceptionnel de 1973. Il est le premier jockey à recevoir ce trophée depuis que l’amateur de sports Charlie Ring en a fait don en 1936. Ce trophée commémore feu Lou Marsh, qui fut longtemps journaliste sportif au Toronto Star.

Samedi dernier, au champ de course Laurel au Maryland, Hawley a atteint et surpassé son propre record de 500 victoires en une année. Il s’était fixé ce chiffre sans précédent comme objectif lors du dernier Jour de l’An. À cette époque, peu de gens pensaient qu’il allait réussir, et plusieurs ne le croyaient toujours pas, même jusqu’en octobre.

Avant cette année, personne n’était réellement passé près du record du monde de 283 victoires en une saison, établi par Bill Shoemaker alors qu’il avait 20 ans. Hawley a effacé ce record à Laurel, le 6 décembre. Jusqu’aux courses d’aujourd’hui, il avait 303 victoires, gagnant deux des quatre essais qui ont suivi hier l’annulation des courses de lundi et mardi, en raison d’importantes chutes de neige.

LE MÊME CHEVAL

L’un des gagnants d’hier était aussi Night Train Lane, le cheval canadien sur lequel Hawley a remporté sa 486e victoire, pour battre Shoemaker. Ce cheval appartient à Dave Mann, de Toronto, et fut entraîné par Mort Hardy, de Schomberg en Ontario.

Hawley, informé de l’honneur qu’on lui faisait dans son motel à Laurel, a dit, très calme comme à son habitude : « Ça alors! Je suis vraiment heureux. Je sens maintenant que tout ce que j’ai fait cette année en valait la peine. »

Les autres qui prédominaient au vote étaient Karen Magnussen, la championne du monde de patinage artistique, Ron Turcotte, natif de Grand-Sault, au N.-B.., cavalier gagnant de la triple couronne, ainsi que le hockeyeur Phil Esposito, des Bruins de Boston, lauréat du trophée Lou-Marsh l’an dernier.

UN NOMBRE DE NOMINÉS RECORD

Tout athlète canadien nominé, masculin ou féminin, amateur ou professionnel, est admissible à ce trophée. Le public a nominé un nombre record de 21 athlètes.
Parmi eux, un comité de cinq personnes a effectué la sélection finale. Le comité était formé du président Harry (Red) Foster, des journalistes sportifs Jim Vipond, du Globe and Mail, de George Gross, du Sun et de Jim Proudfoot, du Star, ainsi que de Gordon Grant, de la Presse Canadienne et du chroniqueur sportif du Star, Milt Dunnell.

Ce blafard Hawley, dont la tranquille présence cache un compétiteur féroce, a « noblement » été surnommé Lancelot par les journalistes des deux villes majeures les plus près de Laurel, Washington et Baltimore, après avoir battu le record de Shoemaker. Il fut un ambassadeur extraordinaire pour le Canada, provoquant l’admiration et l’enthousiasme des médias non seulement pour l’ensemble de ses performances sensationnelles en tant que cavalier, mais aussi pour sa disponibilité et la franchise de ses réponses en entrevue.

UN ATHLÈTE MODÈLE
Il est un modèle pour quiconque souhaitant faire carrière en tant qu’athlète. Il ne fume pas et ne joue pas, il ne mise même pas sur ses propres chevaux. Il boit une bière à l’occasion, pour tenir compagnie et être sociable. Il n’est pas vagabond mais il assiste à des concerts de rock et à des parties de hockey et de football.

En cinq années complètes en tant que jockey, il a gagné le Championnat canadien d’équitation chaque année et a été trois fois champion continental : en 1970, en 1972, et cette année.

C’est arrivé seulement sept fois qu’un jockey ait enregistré plus de 433 victoires en un an. Hawley est le seul à l’avoir fait deux fois. Il a obtenu 452 gains en 1970, ce qui, jusqu’à cette année, était la marque la plus près du record de Shoemaker. En plus de Shoemaker, les autres jockeys de haut calibre sont Bill Hartack, Jorge Velasquez, Alvaro Pineda et Vince Bracciale. Bracciale, qui est le plus près de Hawley cette année, a obtenu sa 401e victoire à Laurel, hier.

UN ENFANT UNIQUE
Élevé à Whitby, en Ontario, et enfant unique, Hawley a découvert la course grâce à un oncle qui l’a présenté à l’entraîneur Duke Campbell. Après la période habituelle de travail en écurie, il commença à courser en 1968. Il a seulement pris part à 40 courses et remporté quatre victoires.

Pour comparer, il a participé à 1 887 courses cette année et il lui restait huit jours de courses avant 1974. Il a une extraordinaire moyenne de victoires de 269. Shoemaker détient le record du pourcentage annuel depuis 1953. Il a gagné 483 victoires en 1 683 courses, pour une moyenne de 288.

« Je ne connais pas beaucoup ces chiffres », a dit Hawley. « Je ne savais pas que mon pourcentage était aussi bon. Je pense seulement que je dois prendre les courses une à la fois, donner le meilleur de moi-même, traiter mes chevaux comme des personnes et les diriger en conséquence. »

Ses gains de 1973 sont d’approximativement 2 040 000 $. Parmi cet argent, 10 000 $ ont été gagnés en une journée, lors du Suffolk Downs de Boston où le gagnant remportait la bourse en entier, dimanche de la semaine dernière. Annoncé en tant que séries du Championnat nord américain d’équitation, ce concours était composé de trois courses effectuées avec des chevaux tirés au sort. Quelques excellents jockeys, dont Ron Turcotte, y participèrent et le gagnant était déterminé selon un système de pointage. Hawley remporta le magot grâce à des première, deuxième et troisième positions.

UN EMPLOI DU TEMPS CHARGÉ
Il est venu à Laurel avec 478 victoires en poche, après la conclusion au Canada de l’année des pur-sang à Greenwood (Toronto), le 1er décembre. Ce chiffre incluait les 22 courses gagnées sur les pistes du Maryland et il coursait les lundis et mardis, pendant lesquels il n’y a pas de courses aux rencontres d’automne du Woodbine de Toronto. En d’autres mots, il était tellement dédié à son sport qu’il a concouru sept jours sur sept pendant deux mois.
Maintenant, le Canada l’a peut-être perdu, pour la prochaine année, du moins. Il affirme que s’il pouvait établir un contact avec l’une des meilleures écuries des É.-U. (de préférence en Californie), il s’en irait.

Pour le moment, dans son hôtel de Laurel, l’adroit Sandy célébrera Noël avec sa femme Sherrie, leur petit dalmatien, Sheba, et les deux chats qu’il a sauvés des rigueurs des arrière-pistes, Buttons et Bows.
Sous-titre de la photo 1 : SOURIANT AVEC SOULAGEMENT, Sandy Hawley est assis sur Charlie Jr, le cheval sur lequel il a gagné sa 500e victoire samedi dernier à Laurel. Hier soir, Hawley fut unanimement nommé gagnant du trophée Lou-Marsh, en tant qu’athlète canadien le plus exceptionnel de 1973. Il est le premier jockey à recevoir ce prix depuis le début de son existence en 1936.
Sous-titre de la photo 2 : LORSQU’ON LUI A ANNONCÉ qu’il gagnait le trophée Lou-Marsh, hier soir, le calme et charmant Sandy Hawley a dit : « Je sens maintenant que tout ce que j’ai fait cette année en valait la peine. »