L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Silken Laumann

Aviron

1991


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La vedette de l’aviron Laumann reçoit le trophée Lou-Marsh

jeudi, le 19 décembre 1991

Par Mark Zwolinski
LE TORONTO STAR

Elle règne sur le monde avec une paire de rames en guise de sceptre.

Silken Laumann, couronnée reine de l’aviron pour avoir gagné les événements les plus prestigieux de ce sport cette année, a été nommée hier la lauréate du trophée Lou-Marsh de l’athlète par excellence au Canada en 1991.

La sympathique sportive de 27 ans, originaire de Mississauga, qui a décidé de s’entraîner avec l’équipe canadienne masculine afin d’améliorer une septième position au Championnat mondial de 1989, se faufile en tête d’une liste impressionnante, où figurent le champion du monde de patinage artistique canadien Kurt Browning, le décathlonien de classe mondiale Michael Smith, et les vedettes du hockey Eric Lindros et Ed Belfour.

« Je suis très surprise, c’est-à-dire que je me doutais qu’on me proposerait, mais je n’aurais jamais pensé gagner », a déclaré Silken hier soir après un long vol de Victoria à North Cape Corral en Floride, où elle prévoit passer les vacances de Noël avec sa mère.

« Pour moi, gagner ce prix est… en fait, je ne trouve pas les mots pour vous dire à quel point je suis heureuse, spécialement en tant que femme et rameuse… nous n’obtenons jamais autant de reconnaissance que les autres athlètes. J’ai beaucoup de respect pour les autres athlètes (en nomination) et je suis réellement honorée. »

Cette distinction, décernée pour la première fois en 1936 en mémoire de Lou Marsh, ancien rédacteur en chef des nouvelles sportives du Toronto Star, est accessible à tout athlète canadien.

Des journalistes sportifs du Toronto Star, du Toronto Sun, du Globe and Mail de la Presse Canadienne ainsi que Milt Dunnell, chroniqueur vétéran du Toronto Star, ont formé le comité de sélection présidé par l’ancien commissaire de la Ligue canadienne de football Jake Gaudaur (qui était membre non votant).

Browning a remporté le trophée l’an passé contre Smith et Mark Messier, l’ancien capitaine des Oilers d’Edmonton qui joue maintenant avec les Rangers de New York. La championne olympique et mondiale de nage synchronisée Carolyn Waldo est la dernière femme à avoir gagné le prix, en 1988.

Silken Laumann recevra son trophée lors d’une remise spéciale par Jake Gaudaur à l’occasion du dîner des célébrités du sport Conn Smythe, le 6 février, au Metro Convention Centre.

Elle a bouleversé le monde de l’aviron et est devenue la reine incontestée de ce sport après avoir gagné la médaille d’or d’aviron en couple au Championnat du monde de Vienne en août dernier. Cette quatrième médaille d’or pour le Canada, un record, a poussé Silken à en convoiter une deuxième, qu’elle a gagnée en juillet en arrivant première au classement général de la Coupe du monde de Lucerne en Suisse, au bout d’une série éreintante de six épreuves.

« Je crois que le plus gros changement dans ma carrière a été de tout abandonner et de déménager à Victoria pour m’entraîner avec Mike Spracklen, a-t-elle confié. Oui, l’entraînement est difficile… mais le fait de prendre cet engagement en tant qu’athlète amateur a élevé mes performances d’un cran… c’est-à-dire que j’ai tout délaissé, même mon statut d’athlète brevetée, pour me consacrer à l’entraînement. »

« Mes amis et ma famille pensaient que j’étais un peu folle, mais maintenant, avec la façon dont tout s’est déroulé, c’est plus facile de songer au passé et de dire que tout ça en valait la peine. Mais c’était angoissant au début. »

Même si elle devra défendre son titre aux Olympiques de Barcelone, Silken Laumann n’est pas étrangère à la compétition olympique puisqu’elle a déjà participé aux Jeux de Los Angeles en 1984 et à ceux de Séoul en 1988.

À sa participation de 1984, elle faisait équipe avec sa sœur et a terminé avec une médaille de bronze au deux de couple. À Séoul, Kay Worthington de Mississauga était sa partenaire, mais elles se sont classées au septième rang.

« La lutte sera très, très dure pour gagner cette médaille », annonce Silken, qui reprendra ses quatre séances d’entraînement quotidiennes dès son retour à Victoria une fois les vacances terminées.

« Mais je sais ce que j’ai à faire. Ce n’est pas aussi dur pour moi que pour d’autres athlètes qui ont toute cette pression médiatique. »