L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Steve Nash

Basketball

2005


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le meneur de jeu vedette des Suns de Phoenix est le choix unanime de l’athlète canadien de l’année

vendredi, le 9 décembre 2005

TROPHÉE LOU-MARSH :
Ce dévoué joueur de la NBA démontre une belle conscience sociale
Jennifer Quinn et Doug Smith
Journalistes sportifs

Ce fut plutôt un « dunk » réussi pour un homme qui n’est pas reconnu pour son jeu autour du panier.

Steve Nash, joueur vedette de basketball, natif de Victoria, qui est devenu le premier Canadien à remporter le titre de joueur par excellence de la NBA, a reçu hier le trophée Lou-Marsh, remis au meilleur athlète du pays en 2005.

Il a été le choix unanime du jury de rédacteurs, journalistes et diffuseurs, ce qui n'est pas surprenant compte tenu de l'année qu'il a connue, mais inhabituel de la part des votants qui sont souvent réticents à dévoiler des détails sur le vote. Mike Weir, Nancy Greene et Wayne Gretzky ont déjà mis la main sur ce trophée.

« C’est cool, incroyable », disait Nash, hier, lors d’un entretien téléphonique. « Chaque fois que vous pouvez partager un prix avec des athlètes comme La Merveille et tous les autres sportifs qui l'ont gagné, c'est très excitant. »

« Je tiens à partager ce trophée avec toutes les autres personnes en nomination parce que je suis certain qu'ils ont connu une belle année également. »

Un jury de de rédacteurs, journalistes et diffuseurs ont choisi le lauréat du prix, qui est remis annuellement. Silken Laumann, gagnante de 1991, a présidé le jury, qui comprenait aussi des représentants du Star, Toronto Sun, Globe and Mail, National Post, Edmonton Journal, de la Presse Canadienne, La Presse de Montréal, ainsi que de CTV, Sportsnet, FAN590-PrimeTimeSports et CBC.

Le trophée Lou-Marsh est nommé ainsi en l'honneur de l'ancien journaliste sportif du Star. En plus de Nash, les finalistes de cette année ont été le plongeur Alexandre Despatie, la patineuse de vitesse Cindy Klassen, le hockeyeur Sidney Crosby, le joueur de curling Randy Ferbey et la joueuse de soccer Christine Sinclair.

Bien qu’il soit né en Afrique du Sud et qu’ils vivent maintenant aux États-Unis, Nash est incontestablement un Canadien : toujours poli, très modeste, drôle. Il n'est pas une vedette typique de la NBA.

Lorsque les Raptors jouaient à Phoenix pour affronter Nash et les Suns, un journaliste a rencontré ses parents, John et Jean, dans la salle de presse. John Nash a dit que la famille avait hâte de voir la partie, mais elle attendait aussi autre chose.

Sous-titre de la photo : Né en Afrique du Sud, vivant maintenant aux États-Unis, Steve Nash est incontestablement un Canadien : toujours poli et très modeste.
Le Canada « tatoué sur le cœur »

« Ce sera plaisant pour nous et pour Steven d'entendre l'hymne national », disait-il. « Notre hymne national, il a une grande signification. »

Après avoir été diplômé de la St. Michael’s University School de Victoria, Nash a fréquenté l’Université Santa Clara, en Californie, profitant d’une bourse d’études de basketball. Aucune autre école américaine n’était intéressée à lui. Il y a été pour évoluer dans les rangs collégiaux et les Suns de Phoenix l’ont repêché 15e au total lors du repêchage de la NBA de 1996.

Ce n’est pas vraiment avant les Olympiques de 2000 que Nash est devenu une figure célèbre dans son propre pays. L’équipe n’est pas revenue avec une médaille, mais Nash, déterminé et démontrant du plaisir à jouer, a gagné le coeur des Canadiens.
Lorsque sa formation, composée presque entièrement de joueurs de soutien, a finalement été écrasée en quart de finale, Nash a été photographié en larmes, alors qu'il quittait le terrain.

« Il est probablement l’athlète ou la personne qui mérite le plus un trophée honorant un sportif canadien », a dit hier Jay Triano, entraîneur de l’équipe olympique en 2000.
« Ce qui compte le plus pour moi, ce n'est pas seulement le fait qu’il est dévoué à son sport et à son pays, mais surtout la façon dont il se comporte. Il s’est joint à la formation sans se montrer hautain et sans demander à ce qu’on satisfasse ses quatre volontés. Il a plutôt intégré l’équipe comme n’importe quel autre joueur. C'est ça qui était spécial. »

Dans la NBA, Nash a passé deux saisons à Phoenix avant d’être échangé à Dallas en 1998. En 2002, il a participé au match des étoiles pour la première fois. La guerre en Irak avait commencé et lors de la conférence de presse des étoiles, il portait un chandail sur lequel on pouvait lire « No war: Shoot for peace. »

« Il est intelligent, compatissant et comprend le rôle positif que le sport peut jouer dans le développement personnel », a lancé le Dr Andrew Pipe, médecin de l’équipe masculine de basketball du Canada depuis longtemps. « Sa conscience sociale est aussi développée que sa technique de lancer à la ligne de trois points. »

Le contrat de Nash avec les Mavericks a pris fin à l’issue de la saison 2004 et il était très en demande sur le marché des joueurs autonomes. Il a finalement signé un nouveau contrat avec les Suns d’une valeur de 63 millions de dollars américains pour une durée de six ans. Certains voyaient ce pacte comme un risque.

Mais la saison dernière, il a connu sa meilleure saison à vie, menant une attaque explosive qui a grandement transformé le visage des pauvres Suns qui avaient récolté 29 gains et été exclus des séries éliminatoires. Ils ont remporté 62 parties et ont atteint la finale de la conférence de l’Ouest.

Il a dominé la ligue au chapitre des passes par match, une statistique importante pour un meneur de jeu dont le travail est de trouver des joueurs libres, avec une moyenne de 11,2. Il est devenu seulement le quatrième meneur de jeu de l'histoire de la NBA à terminer au premier rang de cette colonne. Bob Cousy, Oscar Robertson et Magic Johnson, tous membres du Temple de la renommée du basketball, sont les trois autres qui ont réussi l’exploit.

Nash habite Phoenix avec sa femme, Alejandra, et leurs jumelles d'un an, Lola et Bella. Bien qu'il aime sa ville d’adoption, il s’ennuie du Canada.

« C'est mon pays, c'est de là que je viens. Le Canada représentera toujours mon chez-moi », explique-t-il. « Je ne sais pas quand je vais pouvoir y retourner pour m'y établir, on ne peut tout avoir, mais c'est mon pays et il a une place dans mon coeur. J’aime tout simplement tout de cet endroit. »

Faits sur Nash
-Né le 7 février 1974 à Johannesburg, Afrique du Sud
-A grandi à Victoria, C.-B.
-A fréquenté l’Université Santa Clara grâce à une bourse d’études de basketball
-Repêché 15e au total par Phoenix en 1996, un choix critiqué par les amateurs des Suns.
-Échangé au Mavericks de Dallas en 1998. Il a signé un nouveau contrat avec les Suns en 2004.
-Pour une première fois au match des étoiles en 2001, il a porté un chandail lors de la conférence de presse sur lequel on pouvait lire : « No War: Shoot for Peace. »
-A participé aux Jeux Olympiques en 2000. Il était le capitaine de la formation canadienne qui a atteint les quarts de finale.
-Voté joueur par excellence en 2005. Il était seulement le deuxième joueur étranger à recevoir cet honneur (Hakeem Olajuwon était le premier)
-Marié à Alejandra Amarilla et père de deux jumelles, Lola et Bella.