L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Phil Esposito

Hockey

1972


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Une autre distinction pour Espo qui remporte le trophée Lou-Marsh

mercredi, le 20 décembre 1972

Par JIM PROUDFOOT
Journaliste sportif du Toronto Star
Sous-titre de la photo : SON ANNÉE : Hier, Phil Esposito, des Bruins de Boston, a ajouté le trophée Lou-Marsh à sa vaste collection alors qu’il a été élu l’athlète par excellence au Canada. Le trophée fut nommé en l’honneur de l’ancien journaliste sportif du Toronto Star.
Hier, les exploits du meilleur centre de la Ligue nationale de hockey et leader d’Équipe Canada, Phil Esposito, furent de nouveau reconnus. Il fut un choix unanime pour l’obtention du trophée Lou-Marsh, remis annuellement à l’athlète par excellence au Canada, pour l’année 1972.
Le trophée fut remis pour la première fois il y a 36 ans en hommage au regretté Lou Marsh, longtemps journaliste sportif du Toronto Star. Il fut présenté par le défunt Charles Ring, un sportif de Toronto bien connu.
Depuis la nomination du premier lauréat, Dr Phil Edwards, en 1936, seulement trois joueurs de la LNH ont reçu cet honneur : Maurice « Rocket » Richard, en 1947, Bobby Orr, en 1970, et maintenant Phil Esposito.
Plus tôt cette semaine, Esposito, âgé de 30 ans, a été nommé l’athlète de l’année par la Presse Canadienne selon un vote effectué auprès de journalistes et commentateurs sportifs à travers le Canada.
Le comité de sélection du trophée Lou-Marsh est composé du président Harry « Red » Foster, des journalistes sportifs Jim Vipond, du Globe and Mail, George Cross, du Sun, Bruce Levett, de la Presse Canadienne et Jim Proudfoot, du Toronto Star, ainsi que du chroniqueur sportif Milt Dunnell.
LA BOUGIE D’ALLUMAGE D’ÉQUIPE CANADA
Les autres athlètes qui furent pris en considération sont le conducteur de courses sous harnais Hervé Fillion, qui a remporté le trophée l’an dernier, le joueur de baseball Ferguson Jenkins, le jockey Sandy Hawley, et une autre vedette d’Équipe Canada, Paul Henderson.
Durant la saison 1970-1971, Esposito a établi un record de la LNH en marquant 76 buts, mais sa contribution à Équipe Canada a surpassé tous ses exploits précédents. En septembre dernier, Équipe Canada a remporté les honneurs d’une série de huit matchs disputée contre l’Union soviétique en gagnant les trois derniers affrontements qui se tenaient à Moscou. Ils ont cumulé une fiche de quatre victoires, trois défaites et un verdict nul.
Esposito a été le meneur en attaque pour le Canada avec une récolte de sept buts et six passes en huit matchs. Plus encore, il était pratiquement toujours sur la patinoire afin d’écouler le temps lors des infériorités numériques. Il n’était pas officiellement reconnu comme le capitaine de l’équipe mais il agissait invariablement comme s’il était le représentant de tous les joueurs.
L’entraîneur Harry Sinden, dans son livre intitulé Hockey Showdown, a tenu à faire la remarque suivante sur la performance de Phil Esposito contre les Soviétiques : « À Chicago, il jouait dans l’ombre de Bobby Hull. À Boston, il était dans celle de Bobby Orr. Mais après cette série, Phil Esposito ne sera plus jamais dans l’ombre de personne et sera désormais reconnu comme l’un des meilleurs joueurs à avoir chaussé une paire de patins. »
VRAIMENT MERVEILLEUX
En d’autres mots, c’est en tant que pilier d’Équipe Canada qu’Esposito a finalement démontré, hors de tout doute raisonnable, qu’il était un grand joueur de hockey. Il s’est démarqué, et ce, sans la présence de Bobby Hull et Bobby Orr.
Durant ses premières saisons dans les rangs professionnels, Esposito, qui jouait pour les Blackhawks de Chicago, était plutôt considéré comme celui qui préparait la table pour Bobby Hull. Après avoir été échangé aux Bruins de Boston, en 1967, il commence à accumuler les exploits offensifs. Durant la saison 1970-1971, il inscrit 152 points. Toutefois, durant cette même saison, Orr attire tous les regards grâce à une récolte de 102 passes, privant en quelque sorte Esposito de la reconnaissance à laquelle il avait droit.
En 1972, il fut nommé centre sur l’équipe d’étoiles de la LNH pour une quatrième année consécutive, en plus de terminer au premier rang des marqueurs pour la troisième fois en quatre ans.
Durant ses quatre saisons à Boston, Esposito a inscrit 234 buts et 510 points. Il est présentement en tête des marqueurs de la LNH… encore une fois.
Avant d’affronter Équipe Canada, l’entraîneur des Soviétiques, Vsevolod Bobrov, fut très clair à l’effet que sa stratégie en défensive serait basée sur un système anti-Esposito afin d’empêcher ce dernier de manœuvrer.
« Si nous ne sommes pas en mesure de le contrer lorsqu’il est devant notre filet, nous aurons beaucoup de difficulté à gagner », disait Bobrov.
Dans les faits, ils n’y sont pas parvenus, et lorsqu’ils y arrivaient, c’était au détriment de la couverture de tous les autres joueurs canadiens qui pouvaient ainsi circuler librement dans la zone soviétique.
L’incroyable dernier match à Moscou en fut un bon exemple.
Esposito a égalisé la marque en inscrivant le premier but d’Équipe Canada, mais les Soviétiques se sont par la suite bâti une avance de 5 à 3 avant la fin de la deuxième période.
Durant l’entracte, Sinden a tenu à souligner que le match n’était pas encore hors de portée et qu’Équipe Canada avait le talent requis pour marquer rapidement.
Lors de la troisième minute du dernier engagement, Esposito reçoit une savante passe de Pete Mahovlich et déjoue le gardien soviétique Vladislav Tretiak.
Puis, il prépare le but égalisateur d’Yvan Cournoyer et récolte une autre passe sur l’inoubliable but victorieux de Paul Henderson, avec 34 secondes à faire à cette première série internationale de hockey.