L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Roger Jackson

Aviron

1964


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Vidéo de Roger Jackson - 6:03 min




Je ramais en huit, puis malheureusement j’ai commencé à me sentir vraiment mal. Mon niveau d’énergie tout à coup s’est mis à baisser radicalement et je ne me sentais pas bien.
C’était évident pour les autres que quelque chose n’allait vraiment pas.

Six semaines avant d’aller aux Jeux, George revient après trois ou quatre semaines passées au lit avec la mononucléose
et le problème à ce moment-là était de savoir si on pourrait bien s’entraîner en couple et travailler en couple.

Quand tu as la mono normalement le docteur va dire, tu n’as plus de symptômes, mais d’habitude tu te reposes pour quelques mois après avoir eu la mononucléose.
Ils ne recommandent pas de pratiquer un sport d’endurance pour se rétablir.

Les genres d’exercices que nous faisions à l’époque sont relativement, je veux dire, ils étaient extrêmement intenses pour être franc.
Nous étions dans une forme splendide au moment où nous sommes partis pour les Jeux.
Cependant, nous n’avions pas eu la chance pendant les six semaines que nous avions passées ensemble, en paire, de la fin d’août jusqu’à septembre, allant jusqu’aux Jeux en octobre...
Nous n’avions pas eu la chance de participer à des compétitions internationales.

Nous sommes arrivés à Tokyo, nous avions un fantastique nouvel aviron et nous n’avions pas d'entraîneur là-bas alors il faillait se débrouiller seuls.
Nous avions aussi décidé de ramer sans barreur parce que nous n'en avions pas utilisé dans le passé. Nous n'avions pas vraiment eu le temps de nous entraîner avec un barreur.
Nous pensions que ça n'allait que compliquer les choses et c’est vrai, bien sûr, ça fonctionnerait très bien aussi longtemps qu’il n’y avait soit pas de vent, un vent arrière ou un vent contre, mais si on frappait un vent de côté, ça allait être un vrai problème.

Quand nous avons ramé notre première course, nous étions, je pensais que nous étions très rapides au départ en général
et nous l’étions, mais lors de notre toute première course de six avirons individuels, nous étions quatrième ou cinquième en sortant des premiers 100 m ou 200 m.
Mais là, nous avons ramé et dépassé tout le monde et nous avons gagné par plus de 10 secondes ce qui est une marge énorme, notre temps était de 10 à 15 secondes plus rapide que tous les autres de la série éliminatoire.

Nous nous sommes retrouvés dans les finales aux Jeux olympiques, c’est formidable de se retrouver dans cette position.
Nous n’avions pas à nous faire dire à quel point c’était important lorsque tu te retrouves dans une position avec six autres avirons, tes chances sont tout à coup très différentes de ce qu'elles étaient quelques semaines auparavant.

Alors lorsqu’on est arrivés à la course finale nous étions premiers au 500 de la marque du 2 000 m, premiers au 500.
Nous avions une avance d’environ une demi-longueur d’aviron à la marque du 1 000 m.
Je faisais avancé l’aviron et j’ai crié une commande à George qu’il fallait vraiment maintenant essayé de dépasser tout le monde en commençant le troisième quart,
alors c’est là que nous sommes arrivés au dernier quart, les derniers 500 m, une autre minute et quarante-secondes à ramer, quelque chose comme ça.
Nous nous sommes retrouvés en tête. Alors, c’est ce qu’on a fait, on s’est concentré à essayer de faire tout ce qui était en notre pouvoir sur 20 battements pour essayer de créer une avance.

C’était un sprint important pour nous. Tu vas déjà à pleine force, mais tu trouves un moyen de faire un effort de plus pour en faire plus.
Je crois que c'était un moment décisif parce que lorsqu'on est sorti de ses 30 battements, nous avons regardé autour, ou j'ai regardé aux alentours, j'étais le rameur de proue, nous étions une longueur et demie devant l’aviron le plus près.

Comme nous approchions les derniers 200 m, à ce moment George est devenu extrêmement fatigué.

Je perdais mes forces rapidement, mes muscles se tendaient tous et vous savez, j’avais vraiment de la difficulté.
Roger a dû vraiment lutter pour ne pas me surpasser parce que nous n’avions pas de barreur.

J’avais peur de commencer à tirer George vraiment, physiquement, dans le prochain couloir, où nous avions une vraie chance d’être disqualifiés.
C’est ce qui s’était passé dans notre première course, à notre première série éliminatoire. À la fin de la course,
je tirais George dans le couloir d'à côté parce qu'il était capable de continuer pour environ six minutes et demie, mais il ne pouvait plus y aller aussi fort pendant les 30 dernières secondes à cause de sa mononucléose et les séquelles lui donnaient des problèmes.

Nous avons terminé et c’était une fin parfaite. Il fallait rester assis là, essoufflé, à attendre que les résultats soient annoncés sur l’écran.
C’était un moment fantastique.

Il y a beaucoup d’athlètes extraordinaires qui ont été développés par ce pays.
Lorsque tu te retrouves sur un trophée avec des gens comme Gretzky et d’autres, c’est un exploit assez remarquable.
C’est quelque chose de beaucoup plus grand que ce que tu t’attendais à faire, beaucoup plus grand.
Mais à l’époque, si vous vous rappelez, nous n’avions presque pas de succès au niveau olympique et nous avions seulement gagné quatre médailles aux Jeux de Tokyo. Nous étions les seuls médaillés d’or.
Je veux dire, notre victoire était une surprise dans le sens que les gens ne nous connaissaient pas avant, mais en même temps,
si quelqu'un avait pensé à L'Université de la Colombie-Britannique ou au club d'aviron de Vancouver et à son succès, ils étaient les seuls à réussir au niveau international pendant une période de huit ans et à qui le Canada pouvait se fier.