L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Nancy Greene

Ski alpin

1968


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Vidéo de Nancy Greene - 5:33 min

Quand je suis arrivée au pinacle de ma carrière dans ces deux dernières années, 67 et 68, j’ai dominé, j’ai gagné les compétitions de la Coupe du monde en descente, slalom géant et slalom. Nous n’avions pas de super G à cette époque, nous ne recevions pas de points pour les combines, alors ça aussi c’était différent. Mais, vous savez, nous n’avons pas eu d’athlète canadien qui a, qui a dominé, qui a gagné la Coupe du monde au classement général depuis. Nous avons eu des victoires individuelles de la Coupe du monde, mais personne n’a remporté la Coupe du monde au classement général. Juste avant les Olympiques, ma photo était sur tous les magazines de fin de semaine et les articles... sur les chances de chacun pour les Olympiques et ce genre de chose, tu sais, on s'attendait à beaucoup de moi. En même temps, nous avons travaillé fort sur notre entraînement en terre ferme, l’équipe, mais nous n’avions pas de bonne neige en début de saison dans l’Ouest, nous n’avions pas de vraiment bons camps d'entraînement. Je suis partie pour l’Europe avec l’impression que je manquais un peu de préparation. J'ai passé beaucoup de temps à aller à des collectes de fonds et pas assez de temps à m'entraîner fort. Et quand nous sommes arrivés en Europe, nous n'avions eu aucun entraînement en descente et à la première session, je suis allée et je suis tombée... et je me suis retrouvée avec une cheville foulée, qui a été rapportée comme étant cassée. Alors, c'était un mois avant les Olympiques, ce qui fait que j’ai manqué les premières courses. Alors en allant aux Olympiques, je n’avais pas beaucoup de confiance en moi. Et, tu sais, c’était, c’était difficile. Il s'agissait d’un réel défi psychologique et dans la descente, je me sentais bien pendant l’entraînement, j'enregistrais de bons temps et j'étais prête à y aller, puis nous avons commis une erreur avec la cire. J'ai perdu beaucoup de temps au départ, je n'ai pas ajusté ma ligne parce que la course avait ralenti, j'ai terminé dixième et la réaction des médias a été : pauvre Nancy, sa cheville la dérangeait encore, et je savais que ma cheville allait bien, ça n’avait rien à voir avec ma cheville, j’avais juste mal skié cette journée-là. Alors, le slalom était la prochaine épreuve et je pense que j’étais deuxième ou troisième après la première descente et je me suis retrouvée deuxième. Et j’étais, j'étais satisfaite de ça, je trouvais que j’avais bien skié au deuxième tour. J’avais eu le meilleur temps au deuxième tour, l’une des Françaises a gagné et j’étais deuxième, j’étais satisfaite de ça. Au slalom géant, je savais qu’à moins que je commette une grosse erreur, je savais que j’étais la meilleure coureuse de slalom géant sur la montagne, j’avais pratiquement remporté toutes les courses l'année précédente et je savais exactement ce que j'avais à faire et c'était un long parcours et c'était un parcours qui était parfait pour moi. J’ai regardé le parcours, je l’ai étudié, tu sais, j’avais de très bons skis, tout était, tout était prêt. Je veux dire, c’était un long parcours avec un angle très raide et glacé au bas de la pente, alors lorsque tu descendais à cet endroit, si tes jambes étaient fatiguées, tu allais avoir de la difficulté, mais j’ai tellement bien skié, je savais que j’aurais beaucoup de, je savais que je pouvais réussir. Et à la porte de départ je savais qu’Annie Famose était en tête, je savais qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme, elle avait une mauvaise grippe et j’ai dit, tu sais, il n’y avait aucun doute dans mon esprit que j’allais remporter cette course au moment où, quand j’ai quitté le départ. Et j’ai fait la course et j’ai travaillé et j’ai poussé et j’ai, tu sais, en sortant de chaque porte, je le savais après chaque porte, je faisais les poussées pour aller de plus en plus vite, j’ai traversé la ligne d'arrivée et je savais que j’avais tout donné pendant la course, je n’aurais pas pu, n’aurais pas voulu rien changer. J’ai passé la ligne d’arrivée, me suis retournée, mon coeur s’est arrêté parce que mon temps n’était pas affiché sur le tableau indicateur... parce qu’ils avaient un mécanisme de sécurité parce que j'avais tellement d'avance qu'ils ont fait deux vérifications, ça a probablement pris une demie seconde ou moins puis toutes les lumières sur le tableau indicateur se sont mises à changer et j’ai vu 09, je n’ai pas bronché, mon numéro, puis CAN est apparu en haut du tableau et je savais que j’étais en première place et j’avais plus de deux secondes et demie d’avance. C’était une merveilleuse sensation, c’était, c’était juste incroyable. Pour moi, le plaisir était d’y arriver et la satisfaction était de gagner les Olympiques malgré toute la pression, puis de remporter la deuxième Coupe du monde a été fantastique. Puis j’ai juste décidé, tu sais, c’est le temps d’arrêter. Les honneurs qui suivent, comme les Temples de la renommée, les trophées Lou Marsh, tu n'y penses même pas. Ce n'est pas dans ta ligne de mire du tout parce que ça résulte de tes victoires aux courses, ce n’est pas quelque chose que tu planifies, c'est, c'est de très, très beaux prix et c’est merveilleux d’être reconnue, mais tu n’y penses pas à ce moment-là. J’ai toujours dit que c’était vraiment difficile de comparer des pommes et des oranges, et au Canada nous avons tellement de bons athlètes, le hockey bien sûr est le sport national du Canada et, tu sais, reçoit énormément d’attention et créer des vrais vedettes que tous les Canadiens connaissent, les sports olympiques sont, sont d’habitude un peu à l’arrière-plan. Alors, je pense que c'était vraiment super en tant qu'athlète olympique de recevoir ce prix, ça prouve qu'on portait attention à la course de ski à l'époque à cause de mes performances, alors, oui, c'était bien, ça m'a fait chaud au coeur.