L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Jacques Villeneuve

Course auto

1997


‹ Retourner à l'athlète

Cette vidéo requiert le lecteur Adobe Flash. Un lien vers le logiciel est disponible au bas de la page.

Vidéo de Jaques Villeneuve - 3:39 min




Quatre-vingt-dix-sept a été un peu étrange parce que l’équipe, Williams, a décidé de signer Heinz-Harald Frentzen pour remplacer Damon et pour eux, il était l’aspirant au Championnat, pas moi.
Alors, l’atmosphère était un peu bizarre. Mais la voiture 97 était super, elle était vraiment faite pour moi. J’avais participé au développement.
Alors, la voiture a été construite pour répondre à mes besoins et c’était vraiment bien. À ce point, Jock Clear et moi, il s’agissait de notre deuxième année ensemble alors on se comprenait, la confiance était là.
Ce qui était important, c’était de battre Michael Schumacher qui, après quelques courses la Ferrari est devenue assez compétitive et nous avions pris un peu d’arrière,
alors il y a une partie de la saison où ils étaient beaucoup plus rapides que nous et gagnaient des courses et ils ont pris la tête du championnat.

L’énergie était là, tu pouvais le sentir dans l’air. Premièrement, cela faisait plusieurs années que les Ferraris n'avaient pas eu une chance de remporter le championnat.
Ça a apporté quelque chose, du piquant à la course. Michael avait eu un meilleur départ que moi, a pris la tête, pendant toute la course, je suis deux ou trois secondes derrière lui, pas loin.
C'était une course où il a fallu que je conduise en prenant des risques que normalement, tu ne prends pas pour gagner une course. Parce que si je finissais derrière lui, je perdais le championnat.
Si j'avais un accident, je perdais le championnat. Alors, ça valait la peine de prendre le risque. Pendant la course, j’ai passé toute la course à regarder Michael et à me demander comment est-ce que je peux le battre?
Où est-ce que je peux faire mon grand coup qu’il ne verra pas venir? Je savais que ce serait à la fin de la ligne droite opposée. Il y avait un virage en épingle à cheveux.
C’était juste après un coin à haute vitesse. Dans ce temps-là, nous avions encore des pneus lisses. Les pneus n'étaient pas les meilleurs, tu sors du puits de ravitaillement et au prochain tour, c’est là qu’ils sont étonnants.
C’est là qu’il fallait faire quelque chose de spécial. Alors après l’arrêt au puits, j'ai pensé, maintenant que j'ai les nouveaux pneus aux deux prochains tours, dans ce coin, c’est là qu’il faut que j’y aille.
Je n’ai pas le choix, c’est maintenant ou jamais. Alors, c’est ce qui s’est passé. Nous avons passé le coin à haute vitesse, continué de pousser le gaz, commencé à glisser un peu et c’est là que j’ai pensé, je suis mieux de rester sur la piste parce que je n’ai pas le choix.
Je suis arrivé à l’épingle et je n’étais pas assez proche. J’étais 30 mètres derrière lui. En temps normal, il faut être très près pour y aller.
Chaque tour pendant la course, au puits précédent avec les nouveaux pneus j’ai vu que je pouvais tenir beaucoup plus longtemps que lui alors j’y suis allé.
J’étais tellement loin derrière lui qu’il ne m’a pas vu venir. Quand je suis arrivé à côté de lui, il m’a vu, il m’a évité et c’est à ce moment qu’il a réalisé « Qu'est-ce que je fais là?
Il me rattrape » et c’est là qu’il a tourné vers moi. Mais parce qu’il ne m’a pas vu venir, il a fait une erreur.
C’est lui qui a fini par sortir de la piste et je suis resté sur la piste. Au prochain tour, quand je suis repassé, je l’ai vu debout près du mur regardant juste pour voir si j’allais revenir.
Je me rappelle, je me rappelle encore de son expression. C'était spécial, c'était super parce qu'il s'était fait battre à son propre jeu.
Ça a eu comme résultat qu'être en tête de la course à ce moment-là, d’être en contrôle du championnat, c'était encore plus spécial.
À ce point, j’ai ralenti aussi parce que l’impact avait été assez fort et juste au cas ou j’aurais endommagé la voiture.
Je ne pouvais pas dire et c’est une bonne chose que j’aie fait ça parce que la batterie électrique ne tenait que par les câbles électriques.
La coupelle était tombée alors si j'avais continué à fond, appuyé sur les freins brusquement, ça aurait brisé.
De gagner le championnat à Jerez, en 97, c'est le moment qui a justifié tous les sacrifices que j'ai faits. Sans ce championnat, je serais probablement encore une personne pleine d’amertume.