L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Daniel Igali

Lutte

2000


Photographie de Daniel Igali tenant le drapeau canadien aux Jeux olympiques

Photographie de Daniel Igali tenant le drapeau canadien aux Jeux olympiques

Date
Le 1er octobre 2000
Collection
La Presse canadienne/COC

Des rêves un peu trop grands!

Baraladei Daniel Igali se souvient de sa première répétition de lutte olympique. Il avait dix ans et il courait, excité et pieds nus, sur les rues de terre battue d'Eniwari, son village profondément à l’intérieur du delta du Niger, pour avoir la chance d’apercevoir Appah Macauley, un lutteur nigérian de renom. Daniel a annoncé à son ami que lui aussi se rendrait aux Olympiques un jour. Ils se sont jetés au sol et ont lutté sur l'herbe et la poussière avant de retourner à l’école. La poussière sur leurs uniformes scolaires leur a valu six coups de canne chacun, par le professeur qui leur a conseillé d’arrêter de perdre leur temps à rêver. Après tout, les gens de leur village n’allaient pas aux Olympiques. Refusant de se laisser abattre, Daniel n’a jamais abandonné la croyance de sa grand-mère que les rêves devraient être une taille trop grande, pour qu’on puisse les revêtir en grandissant. Bien qu’il y ait eu peu de sport organisé, la lutte faisait partie intégrante de sa culture Ijaw natale.

Entêté, agile et rapide, Daniel a gagné le championnat national du Nigeria à 16 ans et est devenu le champion africain de lutte en 1993 et 1994. Lorsque son avion a atterri à Victoria, Colombie-Britannique, en août 1994 pour les Jeux du Commonwealth, le jeune capitaine de l'équipe nigériane de lutte, âgé de 20 ans, ignorait que sa vie allait changer dramatiquement. Chaque jour, Daniel en apprenait davantage sur la vie au Canada et commençait à contempler une bonne éducation et la chance de devenir un meilleur lutteur. Il n'a pas eu de difficulté à demander son statut de réfugié du Nigeria, qui était dirigé par l'armé, laisser sa famille derrière lui, par contre, a été l'une des plus difficiles décisions qu'il a dû prendre de sa vie.

La lutte dans son nouveau pays a révélé des faiblesses. Il manquait d’entraînement approprié, de vigueur et de confiance. Du moins, jusqu’à ce que son entraîneur Dave McKay du Collège Douglas et plus tard l’entraîneur Mike Jones de l’Université Simon Fraser prennent en main sont talent naturel et commencent à former leur nouveau protégé.

En 1998, il est devenu un fier citoyen canadien. Il n’a pas perdu de temps pour donner au Canada sa première victoire au Championnat du monde de lutte, à Ankara, Turquie en 1999, seulement trois semaines après avoir subi une opération arthroscopique aux genoux.

Lors des Olympiques de 2002 à Sydney en Australie, Daniel a commencé à sentir la pression étouffante qui vient avec la position de favoris, il était celui qu’on s’attendait à voir gagner. Il a jeté un coup d’oeil à sa feuille des têtes de série et à découvert que le quatrième meilleur lutteur au monde serait son premier adversaire. Il s’est plaint à l’entraîneur McKay. Étonné, McKay a répondu, « Tu sais ce que ce gars se dit en ce moment? Il doit affronter le champion du monde au premier match. C’est toi qui es le mauvais placement! »

En effet, la performance de Daniel était impeccable. Il a vaincu son redoutable rival Lincoln McIlravy, lors des demi-finales, seulement à 46 secondes de la fin d’une prolongation pleine de suspens. Il a offert des contre-attaques de classe mondiale pour dominer le formidable Russe, Arsen Gitinov, lors d’une finale tendue. Il a entendu le sifflet puis « Daniel Igali, Canada, Or! »
De façon spontanée, il a revêtu un grand drapeau canadien puis l’a délicatement placé sur le sol pour faire un trot honorifique avant de s’agenouiller pour l’embrasser. Lors de la cérémonie de la remise des médailles, il s’est mis à pleurer. D’après la culture Ijaw, il s’agit d’un signe de faiblesse. Pour Daniel, ce geste exprimait une fierté et une gratitude débordante envers un pays qui lui avait tant donné.

Une lutte glorieuse Adobe PDF Transcription


Faits saillants

1997-1999
Participe à 116 matches consécutifs pour l'Université Simon Fraser
1998
Coupe du monde, médaille d’argent dans la catégorie des 69 kg en lutte libre
1999
Jeux panaméricains, médaille de bronze dans la catégorie des 69 kg en lutte libre
1999
Championnats du monde, médaille d’or dans la catégorie des 69 kg en lutte libre
1999
Prix Norton Crowe
2000
Jeux olympiques de Sydney, médaille d’or dans la catégorie des 69 kg en lutte libre
2000
Jeux olympiques de Sydney, médaille d’or dans la catégorie des 69 kg en lutte libre
2000
Prix Norton Crowe
2000
Prix commémoratif Lou Marsh
2002
Jeux du Commonwealth, médaille d’or dans la catégorie des 74 kg en lutte libre
2004
Jeux olympiques d’Athènes, semi-finaliste dans la catégorie des 74 kg en lutte libre